« Ochres » du Bangarra Dance Theatre

Au musée du quai Branly, la compagnie de danse contemporaine australienne Bangarra Dance Theatre inaugure la saison des spectacles des arts vivants. Mêlant traditions ancestrales et danse contemporaine, la compagnie composée uniquement d’Aborigènes et de danseurs issus de la région du détroit de Torrès, présente le spectacle Ochres du 5 au 8 octobre.

Le passage de cette troupe à Paris est un événement rare et l’occasion de découvrir une pièce crée en 1994 et remontée pour la première fois à l’étranger.

L’ocre (en français) est au cœur de la vie quotidienne des Aborigènes d’Australie. Cette substance argileuse, utilisée pour les rituels et les cérémonies, les arts visuels et la guérison, se révèle surtout un médium symbolique qui permet aux Aborigènes de raconter leurs histoires à travers les peintures corporelles portées lors de danses qui honorent les esprits. Ochres célébre l’importance des pigments dans la vie quotidienne et spirituelle des Aborigènes, et les danseurs s’en recouvrent le corps au fil de la représentation.

En quatre tableaux, chacun mettant en avant une couleur et ses caractéristiques – le jaune, le noir, le rouge et le blanc – les chorégraphes Stephen Page et Bernadette Walong-Sene épaulés par Djakapurra Munyarry, conseiller culturel et danseur invité ont créé un univers onirique, dominé par des esprits tutélaires qui donnent vie et mort aux humains avec leurs joies et leurs souffrances exprimées dans des mouvements et un phrasé véritablement hypnotiques. Le compositeur David Page a en effet rejoint cette philosophie en créant une bande sonore qui, mêlant anglais et langues autochtones, musique contemporaine et inspirations rituelles, donne toute sa puissance au ballet.

Ochres
Théâtre Claude-Levi Strauss, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac.
Durée du spectacle : 1 heure
Vendredi 7 octobre à 20H, samedi 8 octobre à 15H et 20H.

Festival textile à Clermont-Ferrand

Entre tradition et création contemporaine, le FITE, Festival International des Textiles Extra ordinaires, présente les travaux de designers, créateurs de mode, tisserands, artistes ou photographes du monde entier du 20 au 25 septembre 2016. Son thème cette année : Rebelles..

Le FITE événement unique en son genre, s’installe, en alternance, tous les deux ans au cœur de l’Auvergne : les années paires à Clermont-Ferrand et les années impaires dans un autre pays. Après le Vietnam (2013) et les Philippines (2015) c’est le Mexique qui accueillera en 2017 le festival.
Ce rendez-vous artistique hors-norme, à la frontière de l’ethnologie et de la sociologie explore donc, pour sa 3e édition, le thème des Rebelles. Olivier Bianchi, maire de la ville, explique : « Par essence les rebelles refusent les modèles préétablis et affirment souvent leur différence par le vêtement ». Tels Mandela et ses chemises Madiba, ou Gandhi et son célèbre khadi ? Olivier Bianchi pense effectivement à eux, mais aussi à « Bowie, aux hippies, aux punks et à une multitude d’autres mouvements méconnus portant haut et fier l’étendard d’une rébellion pacifique ».

De la série Hereros © Charles FREGER
De la série Hereros © Charles FREGER

Ce projet collectif, collaboratif, multigénérationnel et multiculturel qui vise à défendre les droits humains par jeu, par provocation mais surtout par envie de changer le monde, est d’autant plus intéressant qu’il implique la société civile, à la fois les écoles et conservatoires de musique ou de danse, les entreprises et le monde culturel, etc.

Depuis ses débuts, le FITE part à la recherche sur tous les continents des détenteurs de savoir-faire textiles rares. Ces artistes-artisans sont les témoins de cultures souvent méconnues et perpétuent des techniques parfois en voie de disparition ou inaccessibles. Dans ce contexte de mondialisation croissante, le festival défend la nécessité de préserver ces connaissances qui ont un sens pour les peuples qui les perpétuent, en assurant la transmission de certaines valeurs des sociétés.

Des expositions se déroulent en divers lieux de la ville, autour de l’axe principal qui est l’exposition intitulée REBELLES au Musée Bargoin qui, elle, durera jusqu’au 31 décembre.
Pour les 6 jours de fête, on comptera un grand nombre d’ateliers auxquels les visiteurs peuvent participer, et d’installations éphémères :
– Show room et marché des créateurs textiles
– Performances
– Rencontres et conférences
– Découverte des plantes textiles et tinctoriales au jardin botanique
– Projections de courts et longs métrages
– Quiltage à plusieurs sur un métier itinérant pour approcher la technique du patchwork
– Atelier de création de costumes (que les visiteurs pourront porter lors du bal final)
– Marché des créateurs textiles
– Concerts et master class
– Vente aux enchères caritative
– Défilé de mode, etc

Et, en clôture du festival, un bal costumé bien entendu sur… le thème des Rebelles.

Musée Bargoin : 45 rue Ballainvilliers
63000 Clermont-Ferrand
tel. : 04 73 42 69 70
Du mardi au samedi de 10h à 12h et de 13h à 17h, dimanche de 14h à 19h
Fermé les lundis, 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

Photo d’ouverture : Mola. Indiens Cuna. Musée Bargoin © R. Boisseau

Derrière les montagnes d’Olivier Chenille

derriere les montagnes 1
Olivier Chenille et Joanna Preiss dans « Derrière les montagnes ». L’incommunicabilité entre une mère et son fils

Ils parlent. Ou plutôt ils racontent. Comme s’ils laissaient leurs pensées vagabonder devant le public. D’emblée le malaise devient perceptible. Ils sont côte à côte. Ils devraient être face à face. Lui, Seroja,  encaisse. Comme toujours. Catherine, la mère n’a d’yeux et de mots d’amour que pour Antoine, le « vrai fils », celui auquel elle et son époux ont donné jour. Un miracle de la biologie.

Continuer la lecture de Derrière les montagnes d’Olivier Chenille