Objets et préjugées : Exposition de vidéos et de photographies autour de la féminité en Europe, du 20 novembre au 21 décembre 2017

Elles sont une dizaine de jeunes femmes motivées et dynamiques, étudiantes en Master Communication interculturelle et muséologie dans l’Europe rénovée, à la Sorbonne. Elles ont souhaité profiter de leur diversité culturelle afin de mettre en place un projet d’exposition autour de la féminité au quotidien, en Europe.

Continuer la lecture de Objets et préjugées : Exposition de vidéos et de photographies autour de la féminité en Europe, du 20 novembre au 21 décembre 2017

Balade artistique à Sète

Fragment de l’Immaculée Conception © DR

Certains ou certaines partent à l’autre bout du monde pour voir du pays. Expédition onéreuse et pas forcément réussie. Il est si simple d’arriver à Sète par le train, la gare garde encore les traces du festival de photos Images singulières, d’enjamber le canal qui la longe et d’entrer en terra incognita. Je vous invite à une balade en trois actes dans les rues de Sète.

Continuer la lecture de Balade artistique à Sète

MaCO : la culture au quotidien

Comme une estampe japonaise © MN

KLive Festival, ou festival des cultures urbaines, invite chaque année, pendant dix jours, des artistes de street art. De fil en aiguille, ou plutôt de bombes en pinceaux, les murs de Sète se sont couverts de fresques colorées. Le moindre mur aveugle est livré à l’inspiration du graffeur. Depuis dix ans, se constitue ainsi la collection du MaCO, Musée à ciel ouvert.

Continuer la lecture de MaCO : la culture au quotidien

The Handmaid’s tale,une dystopie glaçante et cruelle

Cette série, diffusée sur Hulu, propose une adaptation terrifiante de la Servante Ecarlate de Margaret Atwood, évocation d’une société futuriste où les femmes sont réduites au rang d’esclaves sexuelles.

En 1985, la canadienne Margaret Atwood inventait, dans son roman La Servante Ecarlate , un monde terrifiant et brutal dans lequel les femmes, sont condamnées à servir de génitrices aux leaders d’une société dictatoriale. La série tirée de ce roman se déroule dans Gilead (nouveau nom des Etats-Unis), une cité en pleine guerre civile. La pollution a fait chuter la fertilité des femmes. Sous prétexte de protéger la population, un gouvernement autoritaire l’a privée de ses libertés fondamentales, et surveille chacun des gestes des habitants. Ceux-ci sont divisés par castes et exterminés s’ils osent contrevenir à l’ordre établi. Les femmes sont divisées en trois catégories : Les épouses, les Martha et les servantes, sans compter celles qui sont envoyées aux colonies parce que lesbiennes, infertiles…

Ecrit pourtant il y a plus de trente ans, cette dystopie éclaire d’une lumière glaçante notre monde actuel et remet en perspective la liberté des femmes à disposer de leur corps.

Son héroïne, Offred est au service de l’un des dirigeants de cette société, un commandant, et doit lui donner un enfant. Le monde d’Offred, la servante, toujours vêtue de rouge et d’un bonnet qui lui donne l’allure d’une amish, se situe au croisement du régime nazi, des doctrines protestantes et du Moyen-Age. De grandes purges ont eu lieu, éliminant homosexuels et intellectuels. Toute lecture est par ailleurs proscrite. La morale, fondée sur une relecture littérale et fondamentaliste de la Bible s’est imposée à tous, régissant et ritualisant toutes les relations humaines.

Lentement, dans une lumière blonde toute Vermeerienne, tel un requiem, The Handmaid’s tale distille en nous son horreur glaçante. Dès les premiers plans, le spectateur pénètre dans l’intimité d’Offred, entend ses commentaires en voix off, assiste à son enfermement, à la négation progressive de son identité, aux viols mensuels auxquels elle est soumise. Des flash-back la resituent quelques années plus tôt, heureuse en compagnie de sa fille et de son mari, puis dans le centre d’apprentissage où des instructrices à l’allure de Kapo lui  enseignent son nouveau rôle. Ils permettent également aux spectateurs de comprendre ce qui a conduit cette société à la dictature.

The Handmaid’s tale est un thriller terrifiant, un avertissement contre les dérives ultra-conservatrices de nos sociétés. Le récit est  remarquablement servi par un parti pris esthétique (parfois un peu esthétisant) : cadrage en gros plan des héroïnes féminines, travail soigné de la lumière et bande-son électro des plus angoissantes.

Incontestablement, une série qui nous fait réfléchir sur le droit des femmes et appelle nos consciences à rester en éveil.

Catherine Jubert