Amy Jo Albany :Came, jazz et autres contes de la princesse be-bop

« J’étais princesse be-bop » . Amy Jo Albany,  raconte dans Low down la plongée dans les bas-fonds de Los Angeles,  l’enfer de la drogue et le paradis du jazz. Un parcours commencé à l’âge de quatre ans, à l’ombre de son père, le jazzman Jo Albany.

« J’étais princesse be-bop, selon papa, d’ascendance musicale royale, fille du légendaire Joe Albany. J’avais l’oreille exercée et dans les veines coulait le sang le plus bleu, le plus mélodieux. »

amy joe albany

A 4 ans, aux heures sombres du Los Angeles des années 1960, elle accompagne son père dans les bars où il joue la nuit. Joe Albany, le seul pianiste de jazz blanc parmi les pionniers du be-bop, y découvre en même temps Charlie Parker et l’héroïne.  Elle joue avec Dizzy Gillepsie. A 5 ans, elle rend visite à son père en prison, Louis Amstrong lui écrit une chanson.  Et sa mère la quitte sans un mot, avec comme seul souvenir un exemplaire des Fleurs du mal. A 7 ans, elle rencontre Franck Sinatra, survit dans la bohème. Son paradis :  » manger chinois sur un canapé déplié« , regarder « La fille de Dracula » après minuit… » Fait un passage éclair à l’école qui l’expulse à 8 ans. « École était le mot le plus laid que je connaissais. J’avais le chic pour être le souffre-douleur à la fois des élèves et des maîtres. » Des rencontres d’infortune l’aident à survivre à la misère et à la descente aux enfers de son père . A 9 ans, elle vole à l’étalage pour Noël, Jo Albany lui offre les œuvres complètes de Shakespeare. Elle tâte des amphétamines avant de connaître la dépression à 14 ans. Son père connaît une heure de gloire en Europe dans les années 1970 où il joue avec les sommités du jazz, Dexter Gordon, Joe Henderson, Red Rodney, Art Blakey.

Il mourra en 1988 quelques jours avant Chet Baker  » le corps ravagé par un demi-siècle de dépendances et de tristesse« .  » Leur obsession musicale fut la joie qui les guidait, et la défonce, au bout du compte leur perte tragique. »

Le moins qu’on puisse dire est que Amy Jo Albany a connu une enfance des plus chaotiques, mûrie à l’école de la vie et au spectacle de la servitude de la drogue. Elle donne dans ce récit éclairé d’un regard lucide tout de grâce et d’humour, une grande leçon de survie et d’amour fou pour ce père «  hyper sensible et paranoïaque » qui lui a laissé en héritage la passion de la musique.

 

Le film Low Down, produit par deux musiciens des Red Hot Chili Peppers, à été réalisé fin 2014 à Los Angeles à partir des souvenirs d’Amy Jo Albany, avec  Glenn Close et deux acteurs de Game of Thrones. Lowdownfilm.tumblr.com

Gisèle Prévost

Low Dowm

Came, jazz et autres contes de la princesse be-bop

Récit de Amy Jo Albany

(éd.Le Nouvel Attila )

Sortie 3 septembre 2015