Barockissimo ! Les Arts Florissants en scène et les dix ans du CNCS

Avec Barockissimo ! Les Arts Florissants en scène, le Centre national du costume de scène et de la scénographie célèbre son dixième anniversaire. Lully, Monteverdi, Rameau accompagnent le chef d’orcestre franco-américain William Christie qui a fait redécouvrirau grand public le patrimoine musical baroque. Un mariage réjouissant du drame et de la fantaisie.

 

« Je suis sonné par cette exposition ». Dans la salle de restaurant décorée par Christian Lacroix, tout en  volutes et arabesques inspirées, le très élégant William Christie a du mal à cacher son émotion. Ce chef d’orchestre renommé, ce claveciniste talentueux qui a remis à l’honneur le répertoire baroque, vient de parcourir l’exposition qui est consacrée à son travail. Il vient aussi de revivre trente ans, une vie  de passion notamment pour la musique française des XVIIe et XVIIIe siècles, plutôt oubliée.

Né aux Etats-Unis, formé à Harvard et à Yale, William Christie s’est installé en France en 1971 et a fondé les Arts Florissants en 1979.

Affiche_Barockissimo

L’exposition « Barockissimo ! » réalisée par le Centre National du Costume de scène à Moulins (Allier) témoigne en treize tableaux de la démarche des Arts Florissants en scène. Une exposition en forme de voyages dans le temps et dans l’espace et  qui évoque la liberté créative du baroque et le goût de l’ornementation, à l’opposé de l’univers classique.

Pas de meilleur exemple que Les Indes Galantes, point d’orgue de l’exposition. La mise en valeur des costumes, conçus par Marina Draghici, atteste de la fantaisie de l’œuvre. Le spectateur, ravi, est expédié auprès des Turcs, des Incas, des Sauvages. La musique de Rameau, –  on a l’impression de la connaitre par cœur au même titre que des « tubes » récents – donne envie de danser, à l’instar des ballets hilarants diffusés sur deux grands écrans. C’est réjouissant. Fête des yeux, des oreilles et dans la tête. C’est d’ailleurs ce voulait Rameau. L’esprit de la fête à la cour de Louis XV.

Exposition Barockissimo les Arts Florissants en Scène. Copyright: Jean-Marc TEISSONNIER
Exposition Barockissimo les Arts Florissants en Scène.
Copyright: Jean-Marc TEISSONNIER

 

Retour dans le temps. En Italie d’abord. Le couronnement de Pompée, de Monteverdi, Il Tito,  Il Sant’Alessio rappellent que le genre opéra est né là, dans la péninsule, au début du XVIIe siècle. Les livrets s’inspirent sans exception des histoires l’antiquité romaine.

Saut vers le Nord,  au-delà de la Manche. Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare a donné la trame de The Fairy Queen. Musique de Purcell. On y chante, et on y parle. Le spectacle, mi-comédie, mi-opéra a été produit au Festival d’Aix en Provence en 1989.

ATYS tragédie en musique en un prologue de Jean Baptiste Lully poème de Philippe Quinault Atys de Lully, costumes de Patrice Cauchetier, Opéra-Comique, 2011. Rôles de Flore (Elodie Fonnard) et du Temps (Bernard Deletré). © Pierre Grosbois William Christie - Jean-Marie Villégier - Les Arts Florissants direction musicale William Christie chœur et orchestre Les Arts Florissants mise en scène Jean-Marie Villégier metteur en scène associé Christophe Galland décors Carlo Tommasi dostumes Patrice Cauchetier chorégraphie Francine Lancelot et Béatrice Massin lumières Patrick Méeüs perruques Daniel Blanc Atys Bernard Richter Cybèle Stéphanie d'Oustrac Sangaride Emmanuelle de Negri Célénus Nicolas Rivenq Idas Marc Mauillon Doris Sophie Daneman Mélisse Jaël Azzaretti Le Sommeil Paul Agnew Morphée Cyril Auvity Le temps, Le fleuve Sangar Bernard Deletré Maître de la cérémonie, Alecton Jean Charles di Zazzo Flore Elodie Fonnard Iris Rachel Redmond Melpomène Anna Reinhold Zéphir Fransico Rueda Zéphir Reinoud Van Mechelen Phobétor Callum Thorpe Danseurs Compagnie Fêtes galantes Gil Isoart danseur de l’Opéra National de Paris Académie des Arts Florissants pour les jeunes chanteurs
ATYS
tragédie en musique en un prologue de Jean Baptiste Lully
poème de Philippe Quinault
Atys de Lully, costumes de Patrice Cauchetier, Opéra-Comique, 2011. Rôles de Flore (Elodie Fonnard) et du Temps (Bernard Deletré). © Pierre Grosbois
William Christie – Jean-Marie Villégier – Les Arts Florissants

Atterrissage dans l’hexagone. Lully compose, Louis XIV danse.  Ensemble, ils vont créer l’ancêtre de l’Opéra de Paris : l’Académie royale de musique.

Avec Atys,  la formation Les Arts Florissants,  rencontra un grand succès. Présenté à l’Opéra-Comique de Paris en 1987 Atys ouvrira la voie du renouveau de l’opéra baroque en France.

« Rameau, maître à danser » (Daphnis et Eglé et La Naissance d’Osiris), costumes d’Alain Blanchot pour le rôle d’Eglé, Théâtre de Caen, 2014. Rôle de l’Amour (Magali Léger). © Philippe Delval
« Rameau, maître à danser » (Daphnis et Eglé et La Naissance d’Osiris), costumes d’Alain Blanchot pour le rôle d’Eglé, Théâtre de Caen, 2014. Rôle de l’Amour (Magali Léger). © Philippe Delval

Au rythme des spectacles des Arts Florissants en scène, l’exposition raconte à travers les siècles et l’Europe,  la naissance et l’évolution du baroque. Elle aborde d’autres thématiques, qui traitent en particulier du pouvoir et du religieux. Il en va ainsi de deux spectacles, David et Jonathas de Charpentier, présenté au Festival d’Aix en Provence en201, et de façon plus récente encore de Théodora (de Händel), monté au Théâtre des Champs Elysées en 2015.

David et Jonathas de Charpentier, costumes de Gideon Davey, Festival d’Aix-en-Provence, 2012. © P. Victor
David et Jonathas de Charpentier, costumes de Gideon Davey, Festival d’Aix-en-Provence, 2012. © P. Victor

La scénographie que signent Alain Batifoulier et Simon de Tovar, précipite le visiteur au plus près des spectacles. L’éclairage renforcé des vitrines où sont rassemblés les costumes, la diffusion de la musique et des vidéos simultanées soulignent les détails. Le regard apprécie ici un tissu, là des dentelles, ailleurs des accessoires, que le spectateur, installé dans la salle ne peut percevoir.

Le résultat est heureux. On a l’impression d’entrer dans la scène, d’avoir le privilège d’accéder à quelques  secrets de fabrication. La visite pourrait être comparée à celle d’une cathédrale, dont un guide judicieux ferait distinguer un bas-relief ou un thème de vitrail remarquables et peu accessibles au premier coup d’œil. Un  vrai plaisir.

 

Elsa Menanteau


Informations pratiques

Costume de Patrice Cauchetier pour le rôle des Parques dans Hippolyte et Aricie de Rameau, Opéra national de Paris, 1996. © Florent Giffard
Costume de Patrice Cauchetier pour le rôle des Parques dans Hippolyte et Aricie de Rameau, Opéra national de Paris, 1996. © Florent Giffard

Centre National du Costume de scène et de la scénographie

Quartier Villars –Route de Montilly

03000 Moulins

Tel.04 70 20 76 20

 

Ouvert tous les jours de 10 à 18h ( 18.30h en juillet et août

 

Tarifs : 6 € et 4 €

 

www.cncs.fr

 

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