Bouche d’Enfer, par Ana Miranda


Le Brésil est l’invité d’honneur du Salon du Livre de Paris, qui ouvre ses portes le 20 mars 2015. De Sao Paulo où elle vit, Zenaide Bottini nous parle de Bouche d’Enfer, signé par Ana Miranda. L’histoire se déroule il y a trois siècles. La réalité du Brésil d’aujourd’hui, dit elle, n’en est pas si éloignée. Bouche d’enfer a été publié par les éditions Julliard en 1992.

ana miranda boca do infernoBouche d’Enfer  donne un aperçu de l’ œuvre magistrale d’ Ana Miranda. L’écrivaine brésilienne  y  montre un  Brésil qui n’a pas beaucoup changé, tant en ce qui concerne son contexte social que les coulisses de la politique.

Bouche d’Enfer est un roman qui évoque un Brésil colonial du XVIIe siècle,. Les pouvoirs en place, le clergé et la royauté,  se concertent ou s’entrechoquent,  selon les circonstances et les intérêts  singuliers.  Opprimée parmi ceux-ci, une population pauvre, qui vit dans le dénuement, sans moyens, sans justice, sans espoir. En toile de fond, la ville animée de Salvador, la première capitale du pays. Son contexte politique se révèle chaotique, bouleversé par des conflits entre le gouvernement et l’opposition.  L’ambiance  est toute de dépravation, de promiscuité et de manque de moralité. Crimes, trahisons,  persécutions politiques, vengeances et injustices constituent les ingrédients du récit.

Dans ce scénario, le poète maudit Gregorio de Matos, personnage principal de l’intrigue, ne mâche pas ses mots et défie ses rivaux et ennemis. Critique impitoyable et acerbe, il suscite la colère de tous ceux qui se sentent atteints par le langage provocateur voire obscène de ses poèmes et de ses chroniques. D’où le surnom de  Bouche d’Enfer, Boca do Inferno.

Dans cette œuvre, toute ressemblance avec notre réalité n’est pas une simple coïncidence !

 

Zénaïde Bottini

 

Ana Miranda  est née à Fortaleza, Ceará, en 1951. Elle  a grandi à Brasilia, vécu plusieurs années à Rio de Janeiro, avant de retourner vivre dans sa ville natale.

Son premier roman, Boca do Inferno (Bouche d’enfer, Juillard, 1992), sur la vie de Gregório de Matos, lui a valu le prix Jabuti de la révélation en 1990 . Il a été  traduit  aux États-Unis, en Angleterre, en France et dans une dizaine d’autres pays.

Son œuvre compte plus de 20 livres, publiés dans 20 pays.