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Expos, spectacles. Certains nous ont séduits, d’autres nous agacent. Notre avis et le vôtre.

AnnMarie Tornabene ou la réparation de soi par la photographie : Quand le vilain petit canard devient cygne

AnnMarie Tornabene est une artiste photographe tout à fait singulière, atypique et presque hors du temps.  Son univers est à la fois étrange, symbolique et romantique. Depuis de nombreuses années, elle explore son corps et son rapport à celui-ci dans un travail qui a toutes les vertus thérapeutiques de la photographie : réparation, réconciliation et restauration de la confiance en soi.  

AnneMarie Tornabene est une photographe New-yorkaise qui vit depuis 3 ans en proche banlieue parisienne où elle s’est installée après avoir rencontré l’amour par-delà les océans. Elle consacre l’essentiel de son travail photographique à l’autoportrait et à son corps. Un corps qui l’a souvent tourmentée parce que non conforme aux canons de la beauté classique, un corps trop gros  et donc jugé laid dans une société qui valorise à l’excès la perfection et voue un culte à la maigreur.  Un corps qu’elle n’hésite plus à exposer et à mettre en lumière, que ce soit dans ses photographies ou en tant que modèle vivant.

AnnMarie est diplômée de l’Université de Long Island à New York. Elle a remporté de nombreuses récompenses et exposé son travail à l’échelle internationale. Ses photographies ont été commentées dans le New York Times, Newsday et d’autres journaux locaux et publiées en ligne dans des magazines et blogs d’arts. Elle est intervenue lors de conférences universitaires et dans des clubs d’artistes. Ses images ont inspiré essais et poèmes et ont fait partie de plusieurs collections internationales aux USA, Canada, Grande Bretagne, Hongrie, et Japon.

Victime de préjugés et de moqueries sur son poids; ainsi, qu’enfant, de la malveillance de sa propre mère qui ne cessait de lui répéter qu’elle était laide, AnnMarie a fini par en être persuadée et par perdre toute confiance en elle. Jeune artiste, elle photographiait des modèles qu’elle trouvait beaux. Mais, elle s’est aperçue en discutant avec eux qu’ils avaient souvent une image très négative de leur propre corps. C’est à partir de ce moment qu’AnnMarie a commencé à réaliser des autoportraits et à entamer un processus d’acceptation d’elle-même qu’elle poursuit également en posant comme modèle vivant. Pour elle, se photographier et s’exposer, relèvent d’un même processus. AnnMarie en convient, la photographie est thérapeutique et peut aider des personnes qui ne s’aiment pas à mieux s’accepter.

Malgré une perte importante de poids qui a laissé des traces visibles sur son corps, la photographe poursuit toujours son lent travail de réconciliation, mais d’une manière plus détournée et métaphorique.

Désormais, après être passé de l’argentique au numérique, elle se photographie  en se mettant en scène dans des décors de rêve ou de cauchemar (cimetières, ruines…). Sa longue chevelure rousse pré raphaélique ondulant sur sa peau laiteuse, vêtue de robes vaporeuses et transparentes qui cachent autant qu’elles révèlent son corps, ou juste nue, elle se métamorphose en princesse, déesse, créature hybride et mythologique. AnnMarie s’est créé sa propre mythologie et sa propre symbolique où se retrouvent des animaux comme le corbeau, la colombe, le cygne, le mythe de Peau d’Ane, l’horloge. Son travail n’est pas sans nous rappeler la célèbre phrase de Shakespeare dans La Tempête :  We are such stuff as dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep.

Il émane de ces images qu’elle travaille à la manière des pictorialistes une certaine tristesse poétique mêlée à une profonde sensualité.

 

A aucun moment AnnMarie ne s’exhibe. Nous n’avons pas non plus le sentiment d’être voyeurs en la regardant.  Sous nos yeux émerveillés, elle se poétise, « s’onirise », se transforme : « le petit canard devient cygne », aime-t-elle à dire. Peu à peu, elle apprend à s’accepter, à s’aimer, et nous avec elle. N’est-ce pas ce que l’on attend de l’art ?

Site de l’artiste :

http://www.annmarietornabene.net/index.html

Irving Penn au Grand Palais, exigence, équilibre et perfection

A l’occasion de centenaire de sa naissance, le Grand Palais, en partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New-York, accueille une grande rétrospective du photographe, couvrant une carrière de 70 ans, du 21 septembre 2017 au 29 janvier 2018.  Elle rassemble plus de de 230 photographies, toutes tirées par l’artiste lui-même, des magazines, quelques dessins et peintures, ainsi que le rideau de théâtre utilisé pour de nombreuses photographies.

Simplicité, rigueur, sens des volumes, de la géométrie et de la lumière, Irving Penn traite tous ses sujets avec les mêmes principes. Portraits de personnalités ou ethnographiques, images de mode, « petits métiers », natures mortes, cigarettes ou débris, il fait preuve dans toutes ses œuvres des mêmes qualités d’observation et de mise en scène qui subliment hommes et objets.

Pablo Picasso at La Californie, Cannes, 1957, Promised Gift of The Irving Penn Foundation to The Metropolitan Museum of Art, New York, © The Irving Penn Foundation

Le parcours, à la fois chronologique et thématique, permet de découvrir la production du photographe dans les années 1930 ainsi que ses travaux plus tardifs des années 1990-2000. Les scènes de rue de ses premiers pas sont rapidement supplantées par le travail de studio qui deviendra son lieu de prédilection. Les portraits de personnalités (écrivains, acteurs, peintres, musiciens…) traversent les époques : Salvador Dali, Spencer Tracy, Igor Stravinsky, Alfred Hitchcock, Pablo Picasso, Jean Cocteau, Marlene Dietrich, Pablo Picasso, Francis Bacon, Colette, Truman Capote… Ses portraits sont dépouillés, sans fioritures, concentrés uniquement sur les modèles. Seuls importe au photographe leur présence physique, leur langage corporel, les expressions du visage et surtout leur regard. Les images réalisées en 1948 à Cuzco au Pérou obéissent aux mêmes règles : peu d’objets, un décor très neutre, une grande attention portée aux sujets photographiés. Entre 1967 et 1971, ses portraits ethnographiques pris au Dahomey, en Nouvelle-Guinée et au Maroc sont tout aussi épurés et élégants. Il procède à ses prises de vue dans une tente conçue par ses soins et qu’il emportait partout dans ses voyages.

Irving Penn? Cuzco Children, Peru, 1948

Autre série de portraits présentés, celle des « petits métiers » réalisée à Paris, avec l’aide de Robert Doisneau dans le rôle de du rabatteur. Datant de 1950 à 1951, la série rassemble aussi bien le boucher que le vendeur de marrons, le pompier, le peintre ou encore le rétameur. Chacun est traité avec dignité. Les tenues de travail et les outils sont mis en valeur.

Large Sleeve (Sunny Harnett), New York, 1951

 

Beaucoup de ses portraits ont été publiés dans Vogue. C’est aussi le cas de ses images de mode, pour lesquelles Alexander Liberman, directeur artistique du magazine, lui donne moyens et libertés. Ses images de Lisa Fonssagrives, ancienne danseuse et mannequin qui devint son épouse, sont sans doute les plus connues. Il élimine les fioritures, les éclairages compliqués, privilégie la lumière naturelle.

Il montre le même sens des volumes et des ombres dans ses natures mortes. Il y invente des histoires et de quelques objets, il fait une scène.

Quel que soit le sujet, les images D’Irving Penn sont construites à la manière d’une calligraphie : la ligne est claire et la représentation est empreinte d’équilibre et de perfection. Luc Debesnoit écrit dans Télérama : « La rétrospective (…) se regarde comme une cérémonie bouddhiste où le chaos du monde prend un sens. » Pour les projets personnels qu’il mène parallèlement à son travail de commande, il s’empare de presque rien, des mégots de cigarettes, des débris et objets de rue. Il photographie la matière, la désintégration, la disparition, transformant les objets en allégorie. Il fait de ces restes des formes de portraits, expliquant que la manière dont la cigarette a été écrasée révèle le caractère, la nervosité, le goût de la personne l’ayant fumée.

Moins connu pour ses nus, Irving Penn transforme le corps des femmes en paysage.

Irving Penn évoque sa relation à l’appareil photo : « J’ai toujours été fasciné par l’appareil photo. Je le reconnais pour l’instrument qu’il est, mi Stradivarius, mi scalpel. » Ses images illustrent son propos, entre justesse et précision, composition acérée et finesse de l’image.  http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/irving-penn

Objets et préjugées : Exposition de vidéos et de photographies autour de la féminité en Europe, du 20 novembre au 21 décembre 2017

Elles sont une dizaine de jeunes femmes motivées et dynamiques, étudiantes en Master Communication interculturelle et muséologie dans l’Europe rénovée, à la Sorbonne. Elles ont souhaité profiter de leur diversité culturelle afin de mettre en place un projet d’exposition autour de la féminité au quotidien, en Europe.

 Pour concrétiser leur projet, elles ont fait appel à des étudiants en écoles d’art de toute l’Europe qui leur ont fait parvenir des vidéos et photographies illustrant leur vision de la femme dans leur pays, en 2017.  Il a été demandé à ces artistes de proposer un travail de réflexion autour de la féminité, réalité complexe à appréhender alors que celle-ci est pourtant quotidiennement instrumentalisée.

Après sélection des œuvres, 10 artistes ont été finalement retenus.

Elles vous invitent à l’exposition Objets et Préjugées qui se tiendra du 20 novembre au 21 décembre 2017 :

          du 20 novembre au 6 décembre à la Médiathèque Edmond Rostand, 11 rue Nicolas Chuquet,  Paris 17ème.

          du 8 au 21 décembre au centre Universitaire Malesherbes à Paris.

Les vernissages auront lieu à la médiathèque le 21 novembre, et le 11 décembre au centre universitaire Malesherbes. Ce sera l’occasion pour le public de rencontrer quelques artistes présents.  

Autour de cette exposition auront également lieu des temps d’échanges et de dialogues sous forme de tables rondes et de conférences.

Vous pouvez les suivre sur leur page Facebook : https://www.facebook.com/objetsetprejugees/

Ou sur leur site : https://objetsprejugees.wordpress.com/

Catherine Jubert

Balade artistique à Sète

Fragment de l’Immaculée Conception © DR

Certains ou certaines partent à l’autre bout du monde pour voir du pays. Expédition onéreuse et pas forcément réussie. Il est si simple d’arriver à Sète par le train, la gare garde encore les traces du festival de photos Images singulières, d’enjamber le canal qui la longe et d’entrer en terra incognita. Je vous invite à une balade en trois actes dans les rues de Sète.

La première nous emmènera au musée Paul Valéry, d’inspiration Le Corbusienne, enseveli dans la verdure, accroché au Mont Saint-Clair et surplombant le cimetière marin où reposent Paul Valéry et Jean Villar. L’exposition temporaire y est consacrée à un chef d’œuvre du Greco « L’Immaculée Conception », œuvre centrale du triptyque de la chapelle Oballe de Tolède.

L’archipel Di Rosa

La seconde nous entraînera au bord des canaux, face au palais consulaire, drôlatique témoin de la richesse de Sète dans les années 20, pour visiter le MIAM, Musée International des Arts Modestes, et son exposition conçue par Hervé Di Rosa, « En toute modestie, l’archipel Di Rosa ». Le peintre, créateur et concepteur du musée, a invité ses amis pour qu’ils dessinent avec lui sa cartographie du monde artistique et humaine.

Un ballon sur la ville © MN

Le troisième acte sera le trait d’union entre les anciens et les modernes, une visite non exhaustive du MaCO, le musée à ciel ouvert de Sète. Poésie, humour, beauté ou caricature se déclinent à tous les angles de rue et à tous les étages.

L’Immaculée Conception du Greco à Sète

En toute modestie/L’archipel Di Rosa

MaCO : la culture au quotidien

L’Immaculée Conception du Greco à Sète

Vierge sous la lumière de la colombe © DR

L’œuvre du Greco, L’Immaculée Conception de la Chapelle Oballe, prêtée par le musée Santa Cruz de Tolède, est visible au musée Paul Valéry.

Cette exposition est exceptionnelle à plus d’un titre ; l’œuvre est en elle-même remarquable, mais la scénographie qui l’entoure l’est tout autant. Cette Immaculée Conception est l’œuvre ultime du peintre. Il meurt avant de l’avoir vu accrochée dans la chapelle Oballe à Tolède. Le parti-pris de la conservatrice du musée Maïté Vallés-Bled est radical : une œuvre, une exposition. Grâce à cette innovation, on peut goûter, déguster, décortiquer le tableau, sans la nuisance de la foule et de la promiscuité. Confortablement installé dans de profondes banquettes blanches, on peut regarder de près, de loin, d’un côté, de l’autre, aller, venir et revenir sans contrainte. Quatre films éclairent l’œuvre, le premier reprend la vie du Greco, le second met le tableau dans son contexte historique, le troisième analyse l’œuvre en tant que telle et le quatrième souligne l’influence du Greco sur les artistes contemporains, après un oubli de quasiment deux siècles.

Domenikos Theotokopoulos, dit Le Greco, est né en Crète en 1541. Formé à la technique des icônes byzantines, très jeune il s’ouvre à d’autres manières. En 1566, il part pour Venise, étudie dans l’atelier du Titien, suit l’enseignement du Tintoret. Chez le premier, il trouve une nouvelle conception du portrait, chez le second il découvre la notion de l’espace et la disposition des personnages à l’Occidentale.

Puis départ pour Rome, où il s’installe au Palais Farnèse à l’invitation de son propriétaire. Il y côtoie les peintres maniéristes Sermoneta, Zuccari et Muziano.

En 1576, fort de ce bagage artistique, Greco quitte l’Italie, pour l’Espagne, Madrid, puis Tolède en 1577. Il y vivra trente sept ans. Il y meurt le 7 avril 1614.

L’Assomption © DR

Tolède, à cette époque-là, est le centre de la vie artistique, intellectuelle et religieuse de l’Espagne. C’est aussi l’apogée de la contre-réforme, avec ses interdits et ses peintures édifiantes à l’usage du peuple. Greco se consacre ainsi quasi exclusivement à la peinture religieuse, délaissant la peinture profane, avec une exception pour les portraits. En revanche, ses proches et son entourage lui servent de modèles. Dans « L’Enterrement du Comte d’Orgaz », réalisé en 1586 pour l’église San Tome, il peint son fils, Jorge Manuel, né en 1578. Il vit au gré des commandes de l’église, menant grand train. Il mourra ruiné.

Pour revenir à cette « Immaculée Conception » de la Chapelle Oballe, il faut dire un mot de Doña Isabel de Oballe, la bienfaitrice à l’origine de l’œuvre. Elle nait à Tolède au début du 16e siècle, elle émigre très jeune, en 1530, au Pérou, se marie une première fois, devient veuve, puis se remarie. Elle rentre en Espagne, à Tolède sa ville natale, et lègue par testament la somme nécessaire pour ériger une chapelle consacrée à l’Immaculée Conception, dans l’église San Vicente.

La décoration de la chapelle est confiée à un peintre génois Alessandro Semini qui meurt en 1607. C’est Greco qui va reprendre le projet. Il conçoit un triptyque, Saint Pierre et Saint Idefonlso encadrant la pièce maîtresse, une huile sur toile de 3m47 de haut sur 1m74 de large. Pour décorer la coupole, une Visitation. Aujourd’hui, l’Immaculée conception est visible au musée Santa Cruz de Tolède.

Vue de Tolède © DR

Grâce aux dimensions très particulières du tableau, l’ascension vertigineuse de cette vierge a entrainé une confusion durable, laissant croire que le sujet était une Assomption. La verticalité y est nuancée par l’alternance des personnages et les jeux d’ombre et de lumière. La base du tableau est une vue de la ville de Tolède, faiblement éclairée par deux lunes, cachées à demi l’une par l’ange porteur, l’autre par un nuage. Cet ange à la robe jaune safran et aux ailes déployées semble porter les chérubins et la vierge Marie. Ses pieds reposent sur le seul élément concret et terrestre de la toile, un bouquet de roses et de lys, aux couleurs franches. La vierge est vêtue de moire bleu pastel et rose, en rappel de la tunique de l’ange musicien qui occupe le haut du tableau à gauche en répons à l’ange porteur. Un Saint Esprit, sous la forme d’une colombe, symbolise le soleil et illumine le haut du tableau. Rien de sensuel dans cette composition rigoureuse qui a pour fonction de convaincre le plus grand nombre de la véracité de l‘Immaculée Conception, la contre-réforme militant ardemment pour que cette croyance devienne un dogme. Le débat fait rage. C’est seulement plus de deux siècles plus tard, le 8 décembre 1854, que sera décrété, par bulle papale, le dogme de l’Immaculée Conception. Cette toile est la réponse mystique du peintre.

Un ange musicien © DR

Point n’empêche que cette controverse a inspiré à Gréco un de ses chefs-d’œuvre, considéré comme son testament artistique, et qu’il est visible à Sète, au musée Paul Valéry, dans des conditions optimum.

Ouvert tous les jours sauf le lundi
http://museepaulvalery-sete.fr/

En toute modestie/L’archipel Di Rosa

Around the Eye in One Day-2013, Cables de téléphone tressés
© Pierre Schwartz

Ce « En toute modestie/L’archipel Di Rosa » invite à l’humilité. Loin des proclamations et autres artistes auto-proclamés, cette exposition est une immersion dans un monde sans repère.

Grâce à un polycopié remis à l’entrée, on peut suivre l’itinéraire de l’exposition et identifier ainsi les peintres, sculpteurs, ou vidéastes. Rien sur leur histoire. Ils sont là. Les connus, les inconnus, tous sur le même plan. Un trait d’union, le regard que Di Rosa porte sur les créateurs qui composent son univers.

Otobong Nkanga
In Pursuit of Bling : The Transformation
2014 – Tapisserie © DR

Cette exposition oblige à reconsidérer les idées reçues sur la notoriété et la reconnaissance. Qu’on ne connaisse pas telle ou tel artiste n’a finalement aucune espèce d’importance. Ils vous évoquent quelque chose ou pas. Cette visite du MIAM se transforme en une excursion indolente, énergique, rageuse, sensuelle ou émerveillée, toutes les émotions de l’âme humaine étant convoquées pour ce grand chambardement artistique qu’est la visite de cet archipel sans frontières.

Herve Di Rosa – Marion Auburtin & Benjamin L.Aman © Ph. Pierre Schwartz

On ralentit, on presse le pas, on s’arrête, on médite, on s’émeut et on découvre des œuvres et des artistes. Libre au visiteur de chercher des informations ou pas. Cette Marion Auburtin, dont j’ignorais même le nom, a attiré mon regard avec ses poupées-boîtes à musique situées à l’ombre d’une des rares œuvres exposées de Hervé di Rosa. Ce dernier avait poussé, jusqu’à présent, la modestie à refuser d’être exposé dans son musée, faisant mentir l’adage « A tout seigneur, tout honneur. » La commissaire de l’exposition Julie Crenn a tenu à l’inclure dans ce pêle-mêle artistique. Et c’est tant mieux.

Relicario-1993-Epreuve chromogène contrecollée sur dibond © Pilar Albarracín

Cette exposition fait la part belle aux femmes. J’en ai retenu trois, Marion Auburtin et ses céramiques noires et blanches, Otobong Nkanga, la Nigériane, et ses dessins fragiles et colorés, ici une tapisserie, et ma préférée Pilar Albarracin et ses façons foutraques de vivre la vie. Elle s’était représentée vêtue en torero, juchée sur des talons aiguilles, portant une cocotte minute. Aujourd’hui, elle offre un torse de matador, arborant un pendentif mêlant une vierge quelconque et un portrait de femme qui semble être son autoportrait.

Cet archipel est à visiter sans plus attendre.

Ouvert tous les jours
https://www.miam.org/index.htm