En toute modestie/L’archipel Di Rosa

Around the Eye in One Day-2013, Cables de téléphone tressés
© Pierre Schwartz

Ce « En toute modestie/L’archipel Di Rosa » invite à l’humilité. Loin des proclamations et autres artistes auto-proclamés, cette exposition est une immersion dans un monde sans repère.

Grâce à un polycopié remis à l’entrée, on peut suivre l’itinéraire de l’exposition et identifier ainsi les peintres, sculpteurs, ou vidéastes. Rien sur leur histoire. Ils sont là. Les connus, les inconnus, tous sur le même plan. Un trait d’union, le regard que Di Rosa porte sur les créateurs qui composent son univers.

Otobong Nkanga
In Pursuit of Bling : The Transformation
2014 – Tapisserie © DR

Cette exposition oblige à reconsidérer les idées reçues sur la notoriété et la reconnaissance. Qu’on ne connaisse pas telle ou tel artiste n’a finalement aucune espèce d’importance. Ils vous évoquent quelque chose ou pas. Cette visite du MIAM se transforme en une excursion indolente, énergique, rageuse, sensuelle ou émerveillée, toutes les émotions de l’âme humaine étant convoquées pour ce grand chambardement artistique qu’est la visite de cet archipel sans frontières.

Herve Di Rosa – Marion Auburtin & Benjamin L.Aman © Ph. Pierre Schwartz

On ralentit, on presse le pas, on s’arrête, on médite, on s’émeut et on découvre des œuvres et des artistes. Libre au visiteur de chercher des informations ou pas. Cette Marion Auburtin, dont j’ignorais même le nom, a attiré mon regard avec ses poupées-boîtes à musique situées à l’ombre d’une des rares œuvres exposées de Hervé di Rosa. Ce dernier avait poussé, jusqu’à présent, la modestie à refuser d’être exposé dans son musée, faisant mentir l’adage « A tout seigneur, tout honneur. » La commissaire de l’exposition Julie Crenn a tenu à l’inclure dans ce pêle-mêle artistique. Et c’est tant mieux.

Relicario-1993-Epreuve chromogène contrecollée sur dibond © Pilar Albarracín

Cette exposition fait la part belle aux femmes. J’en ai retenu trois, Marion Auburtin et ses céramiques noires et blanches, Otobong Nkanga, la Nigériane, et ses dessins fragiles et colorés, ici une tapisserie, et ma préférée Pilar Albarracin et ses façons foutraques de vivre la vie. Elle s’était représentée vêtue en torero, juchée sur des talons aiguilles, portant une cocotte minute. Aujourd’hui, elle offre un torse de matador, arborant un pendentif mêlant une vierge quelconque et un portrait de femme qui semble être son autoportrait.

Cet archipel est à visiter sans plus attendre.

Ouvert tous les jours
https://www.miam.org/index.htm