Exposition : Les Bas-fonds du Baroque,  la Rome du vice et de la misère Petit Palais

 

L’exposition  Les Bas-fonds du Baroque,  la Rome du vice et de la misère présente la face sombre et violente de la Rome baroque du XVIIe siècle,  le dark side de la ville éternelle, vitrine de la Papauté triomphante. Attention chefs d’œuvre !

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Nicolas Tournier Concert, avant 1620 Huile sur toile, 115 x 168 cm © Musées du Berry, Bourges

Derrière la cité fastueuse au service du pouvoir triomphal de l’Eglise, l’exposition montre l’envers du décor de la Rome baroque du premier XVIIe siècle. Non plus la ville du « beau idéal » mais celle, grossière et commune, des vices, de la misère, des désordres et violences. Elle fut à l’origine d’un imaginaire et d’une production artistique inédite et stupéfiante de diversité, de paradoxes et d’inventions.

7. Nicolas Régnier La Farce, vers 1623-1625 Huile sur toile, 97 x 131 cm Stockholm, Nationalmuseum © Stockholm, Linn Ahlgren Nationalmuseum
Nicolas Régnier La Farce, vers 1623-1625 – Huile sur toile, 97 x 131 cm – Stockholm, Nationalmuseum © Stockholm, Linn Ahlgren Nationalmuseum

Près de 70 tableaux majeurs, peints à Rome par des artistes italiens, français, hollandais, flamands, allemands, espagnols,  évoquent l’univers clandestin et interlope de la capitale. Un monde de musiciens, de buveurs et de tricheurs, de courtisanes et de diseuses de bonne aventure. L’exposition réunit des prêts exceptionnels de collections privées et des plus grands musées internationaux. Elle a été conçue avec la Villa Medicis, Académie de France à Rome.

On y découvre les œuvres de grands peintres caravagesques, des Bamboccianti et des principaux paysagistes italianisants. Elle réunit des artistes venus de France comme Valentin de Boulogne, Simon Vouet, Nicolas Tournier, Claude Lorrain, des peintres d’Europe du Nord tels Pieter Van Laer, Gerrit van Honthorst, Jan Miel ou du sud comme Bartolomeo Manfredi, Lanfranco, Salvator Rosa ou Jusepe de Ribera.

Leur production artistique dépeint une Rome du quotidien privilégiant la vision « d’après nature ». Ils participent à la vie nocturne de la cité et trouvent dans ses bas-fonds, ses tavernes, dans ce monde de misère, violent et grossier, où l’on boit et où l’on joue, une source inépuisable d’inspiration. Bon nombre de ces artistes, ceux venant d’Europe du Nord, se retrouvent au sein d’une société secrète, la « Bentvueghels » (les « Oiseaux de la bande »), placée sous la protection de Bacchus, dieu du vin et de l’inspiration artistique. Une vie de Bohême dont les peintres livrent aussi des représentations mélancoliques ou à portée morale dans la tradition de la peinture nordique, tirant des bas-fonds des toiles sublimes.

La scénographie baroque du metteur en scène et scénographe italien Pier Luigi Pizzi, évoque bien la dualité de la Rome de cette époque.

 

Bartolomeo Manfredi Bacchus et un buveur, vers 1621 Huile sur toile, 132 x 96 cm Rome, Galleria Nazionale di Arte Antica in Palazzo Barberini © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico, Artistico ed Etnoantropologico e per il Pollo Museale della città di Roma
Bartolomeo Manfredi – Bacchus et un buveur, vers 1621 – Huile sur toile, 132 x 96 cm – Rome, Galleria Nazionale di Arte Antica in Palazzo Barberini
© Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico,Artistico ed Etnoantropologico e per il Pollo Museale della città di Roma

Grandes galeries du  Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8. Du mardi au dimanche de 10h à 18h , nocturne vendredi jusqu’à 21h . 11 euros, tarif réduit : 8 euros, gratuit jusqu’à 17 ans. Une application mobile est disponible pour découvrir l’exposition.