Inégalités femme-homme, des avancées paradoxales

Non la femme n’est pas encore un homme comme les autres
Le chemin à faire vers l’égalité hommes-femmes est encore long. « Les avancées sont inabouties et paradoxales », estiment  les auteurs de l’Atlas Mondial des femmes publié le 12 janvier par l’Institut national d’études démographiques (INED) aux éditions Autrement.

 

« Il y a des avancées dans un très grand nombre de domaines comme la santé, l’instruction… mais on voit aussi des situations se dégrader »,

affirme Isabelle Attané, démographe de l’INED et coresponsable de l’Atlas. Seul avantage notable : partout dans le monde, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. En 2010, le risque pour un homme de mourir à 20 ans est presque trois fois plus élevé que pour une jeune femme.

Etre femme ? Etre homme ? Un film de Blake Edward, 1982Etre femme ? Etre homme ? Un film de Blake Edward, 1982

 

Mais cette espérance de vie plus longue cache une dégradation de leur santé plus importante liée notamment aux

« difficultés rencontrées parfois pour concilier vie professionnelle et  vie familiale, les activités domestiques mobilisant davantage les femmes que les hommes, y compris celles qui travaillent »,

écrit la démographe Emmanuelle Cambois.

Pour le reste, les inégalités sont systématiquement en leur défaveur. Particulièrement exposées dans la vie domestique, elles subissent davantage les violences sexuelles (75% à 85%).

Leur accès à l’emploi progresse certes mais « les femmes restent une variable d’ajustement privilégiée dans un contexte de libéralisation et de crise économique ».

Plus souvent au chômage, elles risquent plus de perdre leur emploi. Les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à estimer avoir un risque de perdre leur emploi dans les six prochains mois dans de nombreux pays : Finlande (17 % contre 11 %), au Danemark (11 % et 7 %), en Belgique (près de 10 % et 4 %), Espagne, Autriche. Dans les autres pays, comme la France, le Portugal ou le Royaume Uni, la menace pesant d’abord sur des secteurs d’activité traditionnellement masculins expliquerait une moindre inquiétude des femmes.

L’emploi des femmes reste cantonné aux postes les moins valorisés, dans l’agriculture, le commerce et les services. Elles sont moins payées et davantage touchées par la pauvreté. Aux Etats-Unis, le taux de pauvreté des femmes était de 14,5 % contre 10,9 % pour les hommes (2 011). Et surtout, elles continuent à faire des doubles journées : elles subissent majoritairement le travail domestique (vaisselle, ménage, rangement, soin aux enfants et personnes dépendantes, etc.). En France, ces tâches les occupent 20 h 32 par semaine contre 8 h 38 pour les hommes.

 

Gisèle Prévost
En savoir plus sur lemonde.fr