MaCO : la culture au quotidien

Comme une estampe japonaise © MN

KLive Festival, ou festival des cultures urbaines, invite chaque année, pendant dix jours, des artistes de street art. De fil en aiguille, ou plutôt de bombes en pinceaux, les murs de Sète se sont couverts de fresques colorées. Le moindre mur aveugle est livré à l’inspiration du graffeur. Depuis dix ans, se constitue ainsi la collection du MaCO, Musée à ciel ouvert.

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Frenchie To Go, un take-out très frenchy

Quand vente à emporter rime avec qualité !

Au premier regard, le concept des plats à emporter ne convient pas forcément aux principes de la culture gastronomique française. Il est vrai que cela se fait de plus en plus à Paris, mais le take-out n’est presque jamais considéré comme de la haute cuisine : on n’en commande que si son réfrigérateur est vide et que l’on n’a pas le temps de se faire à manger. C’est rapide et commode, mais souvent moins délicieux que la nourriture que l’on prend le temps de déguster sur place.

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Un week-end au Havre ?

Pourquoi ne pas passer un week-end au Havre ?

Le havre fête ses 500 ans d’existence avec la manifestation « Un été au Havre » du 27 mai au 5 novembre 2017.

Immeuble construit par Auguste Perret (Photographie Catherine Jubert)

En 1945, Le Havre n’est qu’un vaste champ de ruines, anéantie par 10 000 tonnes de bombes. La guerre a fait table rase des élégantes constructions haussmanniennes et normandes.

Il aura fallu attendre un demi-siècle pour que les havrais se réapproprient leur ville construite par Auguste Perret. Son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, en 2005, a permis de poser un regard neuf sur la cité, qualifiée parfois de Stalingrad-sur-Mer.  Aujourd’hui Le Havre a la ferme intention de dépasser cette image de ville sinistre et sans cachet et offre à l’occasion de ses 500 ans de nombreuses manifestations culturelles et artistiques. La ville du Havre propose aux visiteurs 4 parcours qui leur feront découvrir les trésors architecturaux de la ville et les installations artistiques. Alors, pourquoi ne pas y passer un week-end ?

On pourra y découvrir

Catène de Containers de Vincent Ganivet (quai Southampton), deux immenses arches de vingt-et-un containers s’entrecroisant à 25 mètres au-dessus du sol. A la croisée de la ville et du port de commerce, l’arche double, visible de très loin, renvoie l’image d’une place portuaire, leader français dans le trafic des portes conteneurs.

Catène de Containers de Vincent Ganivet. Photographie Catherine Jubert,

Couleurs sur la plage de Karel Martens

    Photographie Catherine Jubert

Le temps d’un été, les cabanes de plage ont abandonné leur blancheur traditionnelle pour des rayures aux teintes acidulées.

Accumulation of Power de Chiharu Shiota (église Saint-Joseph), boulevard François 1er)

L’artiste japonaise a suspendu dans l’impressionnante et lumineuse nef de l’église Saint-Joseph, un maelstrom arachnéen de fils de laine rouge. « Saint-Joseph est un espace où l’énergie, les pensées, les vœux et les prières s’accumulent. Le tourbillon rouge de mon œuvre symbolise la concentration de spiritualité que l’on trouve dans cette église. Chaque idée, chaque pensée, chaque prière est collectée et rassemblée dans cette construction qui ressemble à une tempête, où l’énergie tire sa puissance de l’accumulation. » Surplombant l’autel, l’œuvre de l’artiste japonaise s’élève au-dessus du religieux pour toucher à l’universel. Le spectateur se perd dans les tourbillons de fils.

On pourra également visiter l’exposition Pierre et Gilles Clair-Obscur au MuMa (2 boulevard Clémenceau)

Dans le port du Havre (Frédéric Lenfant), 1998, Collection particulière. (©Pierre et Gilles)

 

Pierre et Gilles, Funny Balls (Marc Jacobs) 2012

Madonna, Isabelle Huppert, Stromae, Jean-Paul Gaultier, Amélie Nothomb… se sont prêtés aux jeux de mise en scène de Pierre et Gilles. Leur travail, jouant avec les clichés et nourri d’influences mythologiques, religieuses est tantôt drôle, émouvant, kitsch, pathétique. Un travail entre ombre et lumière.

Mais on peut aussi se rendre au Havre juste pour rêver et laisser-aller son regard à la poésie et à la magie des lignes .

Le Volcan, Théâtre et bibliothèque construits pas Oscar Nimeyer  (photographie Catherine Jubert)
Vue du  port (photographie Catherine Jubert)
Vue du port (photographie Catherine Jubert)

Plus d’infos sur http://www.uneteauhavre2017.fr/fr

Catherine Jubert

Cybèle, la chamane-photographe, entre ombre et lumière

Cybèle, la chamane-photographe, entre ombre et lumière

« Dans la photographie, je travaille avec l’ombre et la lumière. Avec le chamanisme, j’accompagne des personnes à aimer leur part d’ombre et à l’embrasser avec douceur. A voir la lumière qui est en soi pour la laisser rayonner » 

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Rodin au Grand Palais : coup de gueule

Affiche de l’exposition

De passage à Paris, fan de Rodin, je me précipite au Grand-Palais voir l’Exposition du Centenaire. Quelle déception ! Première question, pourquoi avoir délocalisé le musée Rodin aux Champs Elysées, dans la mesure où 80 % des œuvres présentées viennent du dit musée. Il eut été plus simple et moins onéreux d’investir les jardins de la rue de Varenne.

Cette folie des expositions où l’on se donne un badigeon de culture pour la modique somme de 12, 13, 15 euros, voir plus, commence à me lasser. Il faut choisir son créneau plusieurs jours avant, sans préjuger de l’envie du moment. Et ces expos remplissages et hagiographiques n’apportent en fait pas grand chose. Prenons celle qui nous occupe, elle manque singulièrement de chair et d’humanité. Le non dit de cette exposition est que Rodin est un génie, ce qui est une évidence, travaillant seul, en dehors de tout contexte historique, développant une énergie prométhéenne. Comment peut-on faire l’impasse sur Rose, sa mégère bien aimée, sur Camille Claudel, son aimante/aidante passionnée, sur son atelier pléthorique qui voyaient des dizaines de petites mains à l’œuvre. Rien de tout ça. L’infiniment grand et l’infiniment petit lui sont attribués. Camille Claudel y subit une trahison ultime. Elle n’apparait qu’aux deux tiers de l’exposition avec une vieille femme en plâtre, au détour d’une vitrine, très explicite de sa manière. Longiligne, les attaches fines, les seins pendants, cette vieillarde est impressionnante.

En revanche, il est fait référence aux suiveurs de Rodin, de façon très tirée par les cheveux. Zadkine et Giacometti, pourtant très éloignés du Maître ont la part belle. La filiation avec l’Allemand Wilhelm Lehmbruck, qui fut son élève, est plus évidente. Même source d’inspiration, même exécution dans le grandiose et dans la masse.

La Venus de Milo © Kamizole.blog.lemonde.fr

Le fil conducteur semble être le corps tronqué, « qui raconte une histoire. » Il serait l’initiateur de cette manière. La Victoire de Samothrace, magnifique corps tronqué s’il en est, résidente du Louvre depuis 1883, La Venus de Milo, la sensualité faite femme, bien que manchote, qui y a pris ses quartiers éternels en 1821, n’ont pas échappé à Auguste Rodin. Jeune, il y faisait ses gammes. Pour enrichir ses connaissances, il entreprit un voyage en Italie, afin de s’immerger dans la culture antique et classique. Il ne pouvait qu’en arriver à la conclusion qu’un fragment peut dire tout aussi bien qu’un corps entier, se mettant ainsi  dans le sillon de Michel-Ange.

L’accent est mis sur Antoine Bourdelle, son élève pendant dix sept ans, nettement plus académique que le maître, et Aristide Maillol, le sculpteur des femmes callipyges. Ce dernier était un ami de Bourdelle, et Auguste Rodin l’un de ses admirateurs. Là encore on s’interroge. Ils sont là. C’est tout. Comme une évidence.

Le contexte historique est gommé. D’un personnage génial, haut en couleur, célèbre pour ses colères et ses coups de gueule, capable de mettre de l’eau dans son vin pour obtenir un contrat, habile négociateur et négociant, il ne reste rien. Auguste Rodin devient un personnage lisse, sans vie, sans passé, sans heurts et malheurs.

Le plus étonnant est que les concepteurs de l’exposition sont des conceptrices ; elles ont fait une exposition d’hommes pour les hommes, sans imagination.