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Festival textile à Clermont-Ferrand

Entre tradition et création contemporaine, le FITE, Festival International des Textiles Extra ordinaires, présente les travaux de designers, créateurs de mode, tisserands, artistes ou photographes du monde entier du 20 au 25 septembre 2016. Son thème cette année : Rebelles..

Le FITE événement unique en son genre, s’installe, en alternance, tous les deux ans au cœur de l’Auvergne : les années paires à Clermont-Ferrand et les années impaires dans un autre pays. Après le Vietnam (2013) et les Philippines (2015) c’est le Mexique qui accueillera en 2017 le festival.
Ce rendez-vous artistique hors-norme, à la frontière de l’ethnologie et de la sociologie explore donc, pour sa 3e édition, le thème des Rebelles. Olivier Bianchi, maire de la ville, explique : « Par essence les rebelles refusent les modèles préétablis et affirment souvent leur différence par le vêtement ». Tels Mandela et ses chemises Madiba, ou Gandhi et son célèbre khadi ? Olivier Bianchi pense effectivement à eux, mais aussi à « Bowie, aux hippies, aux punks et à une multitude d’autres mouvements méconnus portant haut et fier l’étendard d’une rébellion pacifique ».

De la série Hereros © Charles FREGER
De la série Hereros © Charles FREGER

Ce projet collectif, collaboratif, multigénérationnel et multiculturel qui vise à défendre les droits humains par jeu, par provocation mais surtout par envie de changer le monde, est d’autant plus intéressant qu’il implique la société civile, à la fois les écoles et conservatoires de musique ou de danse, les entreprises et le monde culturel, etc.

Depuis ses débuts, le FITE part à la recherche sur tous les continents des détenteurs de savoir-faire textiles rares. Ces artistes-artisans sont les témoins de cultures souvent méconnues et perpétuent des techniques parfois en voie de disparition ou inaccessibles. Dans ce contexte de mondialisation croissante, le festival défend la nécessité de préserver ces connaissances qui ont un sens pour les peuples qui les perpétuent, en assurant la transmission de certaines valeurs des sociétés.

Des expositions se déroulent en divers lieux de la ville, autour de l’axe principal qui est l’exposition intitulée REBELLES au Musée Bargoin qui, elle, durera jusqu’au 31 décembre.
Pour les 6 jours de fête, on comptera un grand nombre d’ateliers auxquels les visiteurs peuvent participer, et d’installations éphémères :
– Show room et marché des créateurs textiles
– Performances
– Rencontres et conférences
– Découverte des plantes textiles et tinctoriales au jardin botanique
– Projections de courts et longs métrages
– Quiltage à plusieurs sur un métier itinérant pour approcher la technique du patchwork
– Atelier de création de costumes (que les visiteurs pourront porter lors du bal final)
– Marché des créateurs textiles
– Concerts et master class
– Vente aux enchères caritative
– Défilé de mode, etc

Et, en clôture du festival, un bal costumé bien entendu sur… le thème des Rebelles.

Musée Bargoin : 45 rue Ballainvilliers
63000 Clermont-Ferrand
tel. : 04 73 42 69 70
Du mardi au samedi de 10h à 12h et de 13h à 17h, dimanche de 14h à 19h
Fermé les lundis, 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

Photo d’ouverture : Mola. Indiens Cuna. Musée Bargoin © R. Boisseau

Limousin : le charme discret du luxe

 

 

Si Bernardaud et Havilland, symboles du luxe à la française, décorent les tables les plus prestigieuses dans le monde entier, les porcelainiers de Limoges sont un peu l’arbre qui cache la forêt. En Limousin , région parmi les moins peuplées de France, quelques dizaines d’entreprises, la plupart de taille modeste œuvrent dans les industries du luxe,  dans une grande discrétion. Habillement, ganterie, chaussures, arts de la table, meubles et décoration, beauté… elles perpétuent un savoir-faire traditionnel et l’enrichissent en faisant appel à des artistes contemporains.  Balade dans une région qui mérite d’être découverte.

Limoges : l'exposition des dahlias devant le Palais de l'Archevêché@EM
Limoges : l’exposition des dahlias devant le Palais de l’Archevêché@EM

«  Marcelle Chaumont, ma mère, et Madeleine Vionnet, ma marraine, ont créé et dirigé la plus grande maison de haute couture d’avant-guerre, à Paris. Elles m’ont éduquée dans le luxe, mais aussi l’exigence. Je devais exceller en tout, à l’école, aux cours de maintien, dans mon apparence. À leur image… Dès mes trois ans, j’ai assisté aux collections et peu à peu j’ai pris conscience de la grandeur de ce travail accompli par une ruche de douze cents employées, dans une discipline quasi militaire».

Exigence, excellence, luxe, grandeur du travail et savoir-faire. Quand Madeleine Chapsal parle de son enfance  (Madeleine Vionnet, ma mère et moi, éditions Michel Lafon, 2010), elle résume avec ce talent d’écriture, ce qu’est l’ADN de plusieurs dizaines d’entreprises limousines. Ce tissu industriel et artisanal dont l’activité relève du secteur du luxe.  reste plutôt méconnu.

Suzanne Lalique Haviland 1892-1989 - Paravent - Musée des Beaux Arts de Limoges@EM
Suzanne Lalique Haviland
1892-1989 – Paravent – Musée des Beaux Arts de Limoges@EM

L’image classique que véhicule en effet le Limousin est celle d’une région traditionnellement rurale, peu peuplée, à la démographie vieillissante, mais avec quelques produits d’exception. La viande limousine, particulièrement appréciée pour ses qualités gustatives et dont l’aura s’est renforcée après les différents scandales  alimentaires ces quinze dernières années. Une  pomme, variété golden,  seule  en France à avoir obtenu le label AOP (appellation d’origine protégée). La tapisserie d’Aubusson, inscrite au Patrimoine immatériel de l’UNESCO. La porcelaine enfin, qui  depuis deux siècles a conquis les tables les plus prestigieuses d’un bout à l’autre de la planète.

Mais cette image est réductrice voire un tantinet erronée. Sur la population d’abord. L’INSEE le constate : la région se place au 7e rang des régions françaises attractives, au regard de son solde migratoire entre 2006 et 2011. Une vraie et profonde révolution, dont le département de la Haute Vienne est le premier à profiter.

Lou Kasatché : tulle et dentelles. Travailler le flou demande  deux à trois ans de formation
Lou Kasatché : tulle et dentelles. Travailler le flou demande deux à trois ans de formation

Côté activité, revenons au luxe. Inspirée par la danseuse Isodora Duncan, Madeleine Vionnet, était la grande prêtresse du drapé et du flou. Cette technique très élaborée de coupe et de traitement des textiles, est précisément la spécialité de la maison de couture limousine Lou Kasatché.

Dirigée par Bernard Blaizeau, Lou Kasatché possède plusieurs cordes à son arc. Le principal de son activité réside dans la réalisation  « du flou et des plissés » pour le prêt à porter de grandes maisons du luxe. Discret, Bernard Blaizeau refuse de citer nommément ses clients. Tout juste concède-t-il à parler des « marques présentes avenue Montaigne » et de «quelques maisons italiennes».

Lou Kasatché, enseigne née en 2011 a  eu surtout pour vocation de fédérer les 42 salariés de l’entreprise, leur donner une fierté d’appartenance et de signer la production en propre. Les robes de cocktail, les robes de mariées sont conçues « en co-création » explique Bernard Blaizeau.  Reçues dans les salons de la maison de couture,  les clientes imaginent le modèle avec la personne qui les accueille et les conseille, avant qu’un devis leur soit proposé.

Le réseau Luxe et Excellence

En plus de la maison de couture, Bernard Blaizeau préside le réseau Luxe et Excellence. Autour des univers de la personne et de la maison,  dix-huit entreprises limousines, avec leurs 3000 à 4000 emplois, ont été rassemblées, sélectionnées pour leur savoir-faire et leur positionnement haut de gamme. Elles nouent des relations pour inventer de nouveaux produits – par exemple une ceinture dans laquelle sont insérés des éléments d’émail –, pour  mutualiser des services comme les transports, pour développer leur communication et les faire mieux connaître. Depuis peu, l’ancienne boutique de l’artiste Pierre  Christel au centre de Limoges, présente quelques-unes de leurs réalisations. Avant la fin 2015, un show room plus spacieux, boulevard de Fleurus exposera et vendra leurs produits. La  réorganisation administrative  en cours, rattachant le Limousin aux régions Poitou-Charentes et Aquitaine, ouvre de nouveaux horizons à l’association.  Luxe et Excellence ne  pourrait-elle pas y découvrir de nouveaux partenaires ?

Smuggler : doublure tricolore. Le made in France au plus près du corps@EM
Smuggler : doublure tricolore. Le made in France au plus près du corps@EM

Le cheval de bataille de la maison Smuggler, créée en 1978 c’est celui du vêtement masculin. Spécialiste du costume, lequel génère 80 % de son chiffre d’affaires,  Smuggler, a choisi de diversifier son style et de donner aux hommes « l’envie de s’habiller« . Aux classiques trois-pièces style banquier, la maison a ajouté des doublures de couleurs vives, des pièces moins conventionnelles,  des ensembles veste-pantalon dépareillés, des accessoires…   En rachetant la société en 2000, Gilles Attaf a pris le parti de produire en France : 130 salariés travaillent en Limousin pour garnir les rayons des 14 boutiques situées sur le territoire national et en Europe. La marque est la première à avoir bénéficié du label Origine France Garantie, créé en 2011 et qui certifie –via le contrôle Veritas –  que 50 % au moins de la valeur est réalisée dans l’hexagone. Si Smuggler a choisi pour  égérie Kevin Staut, vice-champion du monde du saut d’obstacles, il compte d’autres ambassadeurs. Arnaud Montebourg, lorsqu’il était ministre s’en fait l’émissaire passionné. Tout comme le sont les jeunes entrepreneurs, qui, embarqués dans les sommets politiques internationaux, arborent des vestes dont la doublure tricolore affiche avec panache le  made in France. Clin d’oeil à l’actualité « des grandes oreilles » : certains costumes possèdent une poche qui étanche aux ondes et dans laquelle il peut être judicieux de loger son smartphone !

Arnaud MONTEBOURG habillé par SMUGGLER. Photo-HARCOURT -2012 _Valoriser la production française, leit-motiv de Montebourg, alors ministre.
Le monde de la porcelaine

Los Angeles et Tokyo, Marrakech et Oslo, Londres et Johannesburg, la porcelaine de Limoges a conquis le monde. Restaurants haut de gamme, hôtels, ambassades, particuliers aisés…la porcelaine accompagne partout le raffinement de la table. La découverte en 1768 et à l’exploitation d’une carrière de kaolin, cette fine argile blanche, à SaintYriex-la-Perche,  a donné le coup d’envoi de la porcelaine de Limoges. Destinée à concurrencer la porcelaine chinoise, elle s’est invitée sur les tables royales de France et d’Europe avant de s’installer dans les intérieurs bourgeois. Aujourd’hui la porcelaine de Limoges garde les faveurs des plus grands chefs étoilés. Ils commandent les assiettes, soupières, tasses, ramequins pour marier harmonieusement contenant et contenu. La porcelaine a également exploré d’autres territoires. Bernardaud en est un exemple.

Assiette décorée par Calder - Musée NationalAdrienDubouché @EM

Des collections de bijoux – bagues, pendentifs – s’ajoutent à de produits de décoration : boutons de portes et de placard, luminaires. Des artistes comme des designers  viennent ou sont venus apporter leur créativité au monde des porcelainiers. De Calder à Stark, de Bernard Buffet à Jeff Koons , de Van Dongen à Roy Lichtenstein, de belles signatures contemporaines ou plus anciennes ont inscrit  leur empreinte dans la porcelaine.

 

Elsa Menanteau


 

A visiter
  • Les routes de la porcelaine de Limoges en Haute-Vienne : 22 sites accueillent les visiteurs. Fabricants et manufactures de porcelaine se concentrent pour partie à Limoges même, et  pour partie dans  le sud du département. Parmi les sites, les amateurs ne manqueront pas de visiter le Musée national Adrien Dubouché où est exposée la plus riche collection de céramiques au monde.

www.route-porcelaine-limoges-hautevienne.fr

Léa  Shams, émail)
Léa Shams, émail et Dominique Foliot, dinanderie. 2000. Prix national du concours « Savoir faire et créativité : une femme, une oeuvre » 2011.

 

  • L’exposition My Blue China. Organisée par la Fondation Bernardaud, elle a invité douze artistes internationaux à interpréter la porcelaine traditionnelle. La thématique est celle du décor bleu sur fond blanc, comme une « ligne rouge » de la mondialisation culturelle. Depuis l’importation des porcelaines de Chine au XVIe siècle, l’Europe, en effet, s’est approprié l’utilisation du bleu et blanc. Les méthodes et les motifs des céramiques de Delft, Meissen, ou des azulejos du Portugal en sont devenus des signatures identifiables. Le bleu et le blanc font partie de leurs gènes.

A voir jusqu’au 21 novembre 2015

27 avenue Albert Thomas – Limoges

Suzanne Valadon – Musée des Beaux Arts de Limoges @EM

  • Le musée des Beaux-Arts de Limoges. Situé dans l’ancien palais de l’Archevêché, magnifiquement restauré, le musée compte quelques merveilles Il célèbre Renoir, Suzanne Valadon enfants du pays avec un nombre de toiles restreint mais un choix délicieux. Ne pas manquer les maquettes qui racontent mille ans de l’histoire de la ville. Coup de cœur !
Suzanne Valadon - Musée des Beaux Arts de Limoges @EM
Suzanne Valadon – La Chambre Bleue- 1923- prêt du Centre Pompidou-Musée des Beaux Arts de Limoges @EM
  • Bruno Mercier est créateur de bijoux en porcelaine.  Ses bijoux sont peints à la main. On trouve dans sa boutique une diversité de modèles, de styles, de coloris. A des prix très raisonnables.

Site internet : ww.bruno-mercier.fr

  • Shopping : certains fabricants ont ouvert des « magasins d’usine ». Il est possible d’y trouver à prix réduits des modèles des collections précédentes ou qui ont de petits défauts. Exemples : Weston pour les chaussures, Bernardaud pour la porcelaine.

Pour toutes informations touristiques contacter

Aux Arts Décoratifs: la folie pratique de Fornasetti

Sur le thème de « La folie pratique », le Musée des Arts Décoratifs à Paris  présente une exposition consacrée au designer italien Piero Fornasetti. Plus de mille pièces décrivent le parcours et l’imagination foisonnante, explosive même de ce créateur. C’est la première fois qu’en France une telle rétrospective lui est réservée. A voir jusqu’au 14 juin 2015.

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