Archives pour l'étiquette femme

De Zurbaran à Rotkho, collection Alicia Koplowitz au musée Jacquemart André

Dis-moi ce que tu collectionnes et je te dirai qui tu es.

Amedeo Modigliani (1884-1920) – La Rousse au Pendentif – 1918 – Huile sur toile – 92 x 60 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Y a-t-il une manière féminine de collectionner l’art ?

C’est inévitablement la question que l’on se pose en regardant la collection d’œuvres exceptionnelles réunies au Musée Jacquemart André par l’espagnole Alicia Koplowitz. Une collection de femme au cœur d’un musée dont les œuvres ont été réunies par une autre femme : Nellie Jacquemart.  Dans cet écrin, 53 œuvres de maîtres anciens et modernes se côtoient dans un dialogue avec les siècles : sculptures antiques, tableaux de Zurbaran, Tiepolo, Canaletto, Guardi et Goya voisinent avec les peintures, dessins et sculptures de Toulouse-Lautrec, Gauguin, Van Gogh, Picasso, Van Dongen, Modigliani, Schiele, de Staël, Freud, Rothko, Barceló, Giacometti, Bourgeois, Richier…

 Francisco de Zurbarán (1598 – 1664) – Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste – vers 1659 – Huile sur toile -119 x 100 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

C’est aussi à un dialogue avec elle-même que nous invite la collectionneuse et femme d’affaire espagnole, présidente du Grupo Omega Capital, société d’investissement, au travers d’œuvres finement choisies et  présentées de manière chronologique.

Pablo Picasso (1881-1973) – Tête et main de femme – 1921 – Huile sur toile – 65,4 x 54,9 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital  © Succession Picasso 2017

Pour Alicia Koplowitz, sa collection a beaucoup à voir avec sa biographie. Collectionner des œuvres d’art relève du cheminement initiatique, un chemin qui lui a servi de bouclier face aux diverses vicissitudes de sa vie et le long duquel elle a appris à explorer les voies intimes qui lui étaient inconnues, des voies qu’elle a peu à peu découverte au travers des tableaux.

 Lucian Freud (1922 – 2011) – Fille au manteau de fourrure – 1967 – Huile sur toile – 61 x 51 cm © Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital , Fukuoka Sogo Bank Ltd. /© Lucian Freud Archive/Bridgeman Images

C’est pourquoi l’on retrouve de nombreux visages féminins au cours de cette exposition.

Tous les types de femmes semblent s’y être donnés rendez-vous : la vierge au doux visage, de Francisco de Zurbaran (Vierge à l’enfant avec Saint-Jean Baptiste), la sévère duchesse de Bragance de Juan Pantoya de la Cruz, engoncée dans sa collerette et les conventions sociales, la secrète et méditative créature de Tête et Main de Femme de Picasso, la mélancolique de La Rousse au Pendentif de Modigliani, la mystérieuse Fille au manteau de fourrure de Lucian Freud, la femme tourmentée représentée par l’araignée (Spider III) de Louise Bourgeois.

Il y aura forcément une femme  dans laquelle vous vous reconnaitrez au cours de cette exposition… Mais, le 10 juillet, il sera trop tard !

Site Internet :

http://www.musee-jacquemart-andre.com/

Catherine Jubert

 

Des images aux mots : « Fine », une nouvelle extraite du recueil « Mille autres vies que la mienne »

Collectionneuse d’images anciennes, j’écris des nouvelles à partir de certaines d’entre-elles. « Fine » est la première nouvelle du recueil Mille autres vies que la mienne.

Fine

 

 

En faisant le tri des quelques pauvres affaires qui se trouvaient dans la commode de la chambre de Fine, j’ai failli jeter cette photo, insignifiante et ratée à première vue. Mais elle était à son image. C’était bien elle, cette petite silhouette, déjà âgée et voutée, toujours vêtue de son tablier et de son éternel fichu qu’elle portait quels que soient le temps et la saison. Elle y apparaît coupée en deux, mangée par le bord gauche de l’image, comme si le photographe l’avait prise par inadvertance ou s’était laissé surprendre par la vieille femme entrée brusquement dans son champ. La partie basse de son corps est floutée, masquée sans doute par un doigt posé sur l’objectif, ou une main qui lui signifie que sa présence est importune sur l’image. Fine avait l’art de glisser et d’apparaître sans qu’on l’ait entendue venir. Têtue, elle a dû continuer son chemin sans se préoccuper du photographe. J’ai conservé cette image, tellement révélatrice de la place que Fine avait tenue dans notre vie.

Fine n’est plus. Elle s’est éteinte doucement, comme elle avait vécu, sans bruit et sans éclat.

Elle s’appelait en réalité Joséphine. Mais plus personne ne se souvenait de son véritable prénom. Ce diminutif lui allait bien et semblait coller à l’évanescente réalité de son personnage. Ce n’est que le jour de son enterrement que j’ai découvert qu’elle avait aussi un nom de famille.

Difficile de lui donner un âge. Pour moi, elle était née vieille. Il est des gens que le temps marque une bonne fois pour toute et laisse tranquille ensuite. Elle était entrée au service de notre famille à l’âge de 26 ans et y était restée pendant cinquante ans. Il me semblait l’avoir toujours connue. Même si « connaître » était un bien grand mot la concernant. Fluette et transparente à nos yeux, tout le jour, ombre furtive, notre servante trottinait menu dans la maison pour s’occuper de presque tout, de la cuisine, du ménage, du linge, du jardin, des courses… mais, étrangement jamais de nous, les enfants. Parfois, pour la faire sortir d’elle-même, mon frère et moi tentions de la taquiner en lui volant son panier de pinces à linge, ou en détachant le nœud de son tablier. Mais impossible de la déstabiliser ou de la mettre en colère. Elle tournait en rond trois, quatre fois sur elle-même, s’asseyait et attendait que nous en ayons fini, les mains posées sur son tablier, en hochant la tête. Les seules paroles que je lui ai jamais entendues prononcer, en dehors de celles que je l’entendais marmonner derrière la porte de sa chambre, étaient « bien, madame, merci madame, ce sera fait madame ». Mon père, lui, se contentait de gestes pour lui demander quelque chose. « Vous avez vu, elle comprend ! », se plaisait-il à fanfaronner devant les visiteurs, comme s’il s’agissait d’un animal. Et il ajoutait, « cette fille un peu simplette est aussi efficace qu’un robot ».

Toujours dans un silence feutré, comme montée sur des rails, elle glissait du carrelage froid de la cuisine, au parquet du séjour, puis à la pelouse du jardin. On ne l’entendait jamais arriver. On se retournait, elle était là, présente dans la pièce comme si elle y avait toujours été. Elle disparaissait ensuite tout aussi furtivement en trottinant comme une petite souris. Rien ne semblait l’atteindre, pas même la pluie. Fine avait la réputation de passer entre les gouttes. Il pouvait pleuvoir à torrent, même sans parapluie, elle rentrait sèche. Mon frère et moi la surnommions « le Fantôme de l’Opéra ». Curieusement, sur les photos de famille prises lors des grandes occasions (car ma mère avait un jour décrété, qu’elle faisait partie malgré tout de la famille même si elle n’en avait aucun des privilèges), Fine ne semblait pas avoir d’existence réelle. Si elle n’était pas cachée par quelqu’un, son image se trouvait floutée, tronquée, et finalement rongée par le temps. Sur aucune d’entre elles, elle n’apparaît en entier. Il ne demeure que des bouts de Fine, un puzzle de femme sans âge que j’aimerais pouvoir reconstituer. Aujourd’hui que Fine a disparu pour de bon, je serais dans l’impossibilité de décrire précisément son visage. Et cette idée me torture. Elle a vécu 50 ans auprès de nous et je suis incapable de retracer son histoire. Peut-on vivre autant de temps auprès d’une personne en ignorant tout d’elle, en passant à côté comme s’il s’agissait d’un meuble ? J’ai pourtant essayé maintes fois d’imaginer sa vie. J’avais, après avoir étudié au lycée, Un Cœur Simple de Flaubert, imaginé qu’elle était un peu la Félicité de notre famille, qui, de désespoir s’attache ridiculement à un perroquet. Mais quel était le perroquet de Fine ?  A quoi s’accrochait-elle pour supporter cette vie sans âme que nous lui faisions mener ? Qu’avait-elle connu avant ses 26 ans ? Quelle humiliation l’avait rendue muette comme une tombe ? Quel immense chagrin avait pu la transformer en ombre ?  Un homme s’était-il un jour plongé dans ses yeux bleu lavande ? Et si elle n’avait pas de vie privée en dehors de celle que nous lui offrions, sans doute avait-elle une vie intérieure avec des désirs, des rêves, des fantasmes ? A l’époque où je me prenais pour Maupassant, j’avais envisagé d’écrire sur le mystère Fine. J’étais, me semble-t-il, le seul à m’interroger. Quand je leur demandais des précisions à son sujet, mes parents haussaient les épaules. Tout ce qu’ils trouvaient à me répondre c’est qu’elle faisait bien son travail, qu’elle n’était certainement pas malheureuse puisque chez nous, elle n’avait jamais souffert ni du froid ni de la faim. Qu’est-ce que je voulais de plus ?  Mais qu’en savaient-ils ?

Fine sortait rarement de chez nous. Une fois l’an seulement, elle prenait une journée de congé. A cette occasion, elle ôtait son tablier, enfilait des chaussures à la place de ses chaussons,  revêtait un manteau informe et sans âge, resserrait son fichu et quittait la maison d’un air déterminé. Elle partait le matin, revenait le soir même, et reprenait son ouvrage. Qu’avait-elle fait durant cette journée ? Avait-elle rendu visite à un parent ? Honoré des morts ? Avait-elle profité de sa liberté, loin de nous et de nos exigences enfantines ? Fine demeurait un mystère. Devenu adolescent, puis adulte, préoccupé par d’autres sujets, j’ai quitté la maison pour faire des études, puis mener ma propre vie. Et j’ai totalement cessé de me poser des questions. Moi aussi, j’avais fini par la ranger dans la catégorie mobilier.

Quand je revenais à la maison pour rendre visite à mes parents, j’avais l’impression qu’à mesure que le temps passait, Fine s’effaçait, se fondait dans le décor. La situation était très étrange, Fine, devenue une vieille femme toute petite et frêle, servait des gens encore plus âgés qu’elle, mes parents. Je retrouvais un monde qui tournait désormais au ralenti avec ses petites manies. Un temps suspendu au milieu du temps qui passe sur les corps. Alors qu’elle faisait la vaisselle dans la cuisine (pourquoi ne lui avaient-ils pas acheté un lave-vaisselle ?), tout en prenant mon petit-déjeuner, je l’observai à contre-jour. J’observais ses gestes lents et mesurés à travers les volutes de fumée de mon café. L’évier, face à la fenêtre, donnait sur le jardin. Il était encore tôt, en ce début de printemps et une vapeur de brume tapissait l’herbe. Une branche de cerisier en fleurs taquinait la vitre. Je ne voyais que les mouvements de son dos. J’entendais le son de l’eau couler dans l’évier en inox. Ses cheveux en couronne de lumière autour de sa tête, étaient d’un blanc presque translucide. Des cheveux d’ange ! Quand elle se déplaçait dans la maison, on aurait dit une plume qui voletait de plus en plus lentement, poussée par un vent mou et paresseux. A ce moment, la question m’a échappé : « tu es heureuse, Fine ? ». Elle a coupé l’eau, s’est retournée très lentement. Dans le contre-jour du petit matin, son visage semblait auréolé d’un fin duvet d’oisillon. Esquisse d’un sourire, un flash bleu dans son œil gauche. Fine notre vieille servante de 80 ans a soudain vingt ans. Puis elle ouvrit des yeux immenses qui lui dévoraient le visage comme si un ciel de début de printemps s’y était installé. Comment avais-je pu ne jamais remarquer ce regard-paysage ? Elle s’est avancée lentement vers moi et m’a caressé la joue, en soupirant, « Ah…mon petit ». Ces trois mots ont soufflé une immense houle de chagrin dans mon cœur. J’aurais voulu prendre une photo et conserver cette image de Fine.

Quelques jours plus tard, la vieille dame fut victime d’une première attaque cérébrale. Elle en perdit totalement l’usage de la parole. Mon père commenta l’événement, disant que cela ne changeait finalement pas grand-chose. Cependant, même si son champ d’action était désormais limité par ma mère qui ne lui donnait presque plus de tâches à accomplir, elle refusa de se laisser abattre et après quelques jours de repos, elle reprit son travail, avec des gestes plus lents, presque artistiques et stylisés.

Mais d’ombre, la maladie et la fatigue la réduisirent à l’état de petit fantôme errant dans la maison. Etrangement, à mesure que son corps s’estompait, ses yeux, en revanche, luisaient d’un étrange éclat, comme si la vie ne se concentrait plus que dans son regard.

Un soir, elle ne vint pas nous servir à table, elle se coucha, sans aucune plainte. Pendant plusieurs heures, personne n’osa pénétrer dans sa chambre, son domaine réservé. Ma mère, qui avait toujours été une femme de tête, prit enfin la décision d’aller voir ce qui se passait. La vieille femme était étendue dans son lit, bras croisés sur la poitrine, un tout petit crayon de papier serré entre ses doigts fins. Encore plus menue et fragile, elle ressemblait à une vieille petite poupée de porcelaine au visage diaphane. Pour la première fois, je me rendis compte que Fine avait dû être belle. L’approche de la mort lui rendait ce qui lui appartenait. Pour retirer le minuscule crayon, je pris ses mains entre les miennes. Elle resserra son étreinte sur lui, refusant de le lâcher. Ses mains, recouvertes de marguerites de cimetière étaient d’une douceur incroyable, comme du duvet. Ses joues aussi. C’était la première fois que je sentais le contact de sa peau. Personne ne touchait jamais Fine. Toute une vie sans caresses…

Victime d’une deuxième attaque cérébrale, elle se retrouva presque totalement paralysée. Seuls ses yeux bleus devenus couleur-ciel-d’orage, fixaient un point, juste en face d’eux. Fine, ne s’alimentant plus, devint un petit fantôme osseux. Ses os devaient désormais être aussi translucides que des ailes de libellule séchées. Les draps allaient la digérer, l’incorporer dans leurs fibres. La vie qui la quittait laisserait juste un sillage moutonneux dans le ciel.

Petite flamme vacillante, elle s’éteignit doucement. Juste avant de mourir, elle redressa la tête, tendit le cou vers ce point qu’elle fixait depuis des semaines, une commode en pin où étaient rangés ses quelques effets. Elle que l’on croyait complètement muette, prononça un étrange dernier mot « l’azur ». Au contact de sa tête, l’oreiller de plume émit un léger soupir.

Après son décès, il ne fallut pas bien longtemps pour ranger sa chambre. Fine ne possédait presque rien : quelques vêtements, des livres de messe, une bible, une dizaine de tout petits crayons (certains ne mesurant pas plus d’un centimètre). Mais, surtout à l’intérieur de la commode en pin, se trouvaient une dizaine de carnets de moleskine noire, entre les pages desquelles se trouvaient des photos de mon frère et de moi, prises aux différents âges de notre vie. Tous étaient recouverts d’une écriture fine et minuscule, nécessitant une loupe pour être déchiffrée. A l’intérieur, des milliers de poèmes d’une beauté âpre et fulgurante. Dans les premiers, elle y retraçait avec minutie les gestes de son quotidien, se montrait une fine observatrice de la nature, du changement des saisons. Progressivement, au fil des carnets et du temps, les sujets changeaient. Il n’y était plus question que de nous, moi et mon frère, placés au cœur de chacune de ses évocations de la nature.

Chaque soir, une fois ses travaux domestiques accomplis, telle une miniaturiste, elle avait ciselé des petits textes comme des camés…et en avait fait des épiphanies. Pendant toutes ces années, en silence, elle nous avait observés, scrutés, analysés. Elle avait attendu nos premiers sourires, nos premiers pas. Elle avait consigné nos premiers mots, enregistré les plus minimes changements de nos corps d’enfant. Elle avait même lu dans nos pensées les plus intimes. Et ce qui me fit le plus de mal, c’est qu’elle avait imaginé des conversations avec nous, de longues conversations sur ces petits riens qui fondent les grandes réflexions philosophiques. Elle parlait de nous comme si nous étions ses enfants en nous appelant « mes petits ».  Elle disait aussi son chagrin de voir « ses chers petits » quitter la maison et sa joie de les voir revenir pendant les vacances. Elle avait pour nous, dans ces pages, des mots d’amour que n’avait jamais prononcés notre propre mère. Elle nous aimait en secret…et nous, aveugles et sourds ne lui rendions pas son amour. Pourtant, il me semblait que ces carnets répondaient à la question que je lui avais posée. Fine, en s’inventant un monde à travers nous, était heureuse, ou tout du moins connaissait une certaine forme de bonheur.

J’ai tout lu d’une traite. Et j’ai vu toute ma vie défiler sous ses yeux.  A la dernière page du dernier carnet, d’une écriture tremblotante, elle avait eu le temps d’écrire avant de se coucher définitivement « l’azur, enfin… »

Catherine Jubert, Mille autres vies que la mienne, nouvelles, 2014

La Brandographie : mettre en valeur la femme et son entreprise par la photographie

« De la poudre d’or que je voulais mettre sur mon visage. »

Gwladys Louiset est une jeune femme rare. Force, sérénité et lumière sont les premiers mots qui me viennent spontanément à l’esprit quand je pense à elle.

A sa façon Gwladys est une magicienne qui révèle et fait exister par l’image les femmes qu’elle rencontre dans le cadre de sa pratique photographique.

Sa démarche originale, la Brandographie, est née de l’alliance de la sophrologie et de la photographie. Elle lui permet d’offrir une autre vision de l’entreprenariat au féminin.  Mais bien au-delà, son objectif est d’aider les femmes qui veulent participer aux changements du monde à se mettre elle-même en lumière.

C’est dans son appartement qui lui sert également de studio photographique que je l’ai rencontrée.

Catherine : Peux-tu te présenter et me dire comment tu es venue à la brandographie ?

Gwladys : Je suis à la fois sophrologue et photographe. J’ai commencé en parallèle ces deux activités il y a une dizaine d’années. Je me suis beaucoup cherchée en photo. C’est lors d’un voyage à New-York, en 2005, que tout a commencé.  Avec juste un petit compact numérique, j’ai mitraillé la ville. Quand j’ai montré mes images, on m’a dit qu’il y avait quelque chose de fort qui en ressortait. Après je me suis mise à photographier sans arrêt.  Un vrai coup de foudre !

Suite à une période de stress dans mon travail, j’ai fait une formation en sophrologie*. C’est là que m’est venue l’idée d’associer les deux, sophrologie et photographie pour les mettre au service de la personne, et en particulier des entrepreneuses.

Catherine : D’où vient le mot Brandographie ?

Gwladys : Au départ, j’utilisais plutôt le terme de sophrographie. Et puis je me suis inspirée du concept américain de « personal branding » ou « marketing professionnel » dans lequel il s’agit d’associer l’homme, l’entrepreneur à une marque. C’est tout simplement du marketing par l’image.

La Brandographie à la Gwladys est donc un mélange entre la sophrologie et la photographie.

Catherine : Qui sont tes clientes ? Et pourquoi font-elles appel à toi ?

Gwladys : Ce sont pour le moment essentiellement des femmes avec lesquelles je me sens sur la même longueur d’ondes.

Mon offre unique pour l’instant consiste à créer en images, l’atmosphère, l’univers de leur site internet, en adéquation avec ce qu’elles sont. Ce sont principalement des femmes qui travaillent avec leur intuition, leur féminité, leur côté Ying, tout en conservant leur côté Yang, plus combattif. Elles exercent des professions comme coach, créatrices ou ont des activités en rapport avec le bien-être de la personne…  En général, leurs activités correspondent vraiment à ce qu’elles sont. Elles ne fondent pas une entreprise juste pour faire de l’argent, mais elles font partie de ces entrepreneurs du futur qui possèdent une véritable vision et qui veulent, à leur façon, améliorer le monde. C’est ce qui m’intéresse dans ce que je fais. D’ailleurs, je ne pourrais pas travailler avec des gens qui n’ont pas de vision, dont l’activité n’a pas de sens à mes yeux. Ce sont des femmes qui font corps avec leur société. Elles vivent leur entreprise,  sont à fond dedans. Il faut donc que les photos incarnent ce sentiment et également ce qu’elles sont en tant que femme.

Catherine : Quelles sont les étapes de ton travail avec elles ?

Gwladys : Avant la séance de shooting proprement dite, nous faisons tout un travail en profondeur qui permet de mieux nous connaître, et en ce qui me concerne, de mieux cerner leur univers. De nombreux échanges se font par téléphone ou par Skype. Je leur demande également de réaliser un travail de réflexion en remplissant un questionnaire spécifique que j’ai élaboré sur la mission de leur entreprise, des liens vers des sites Internet qu’elles aiment, des photos, des « mood board »… ( type de collage qui peut être composé d’images, de textes et d’objets reflétant l’état d’esprit de son créateur). Je leur demande aussi d’apporter des objets pour la séance de shooting. Nous échangeons autour de leur symbolique. Ce temps de réflexion, qui peut être assez long, est vraiment nécessaire.

Catherine : Et le jour du shooting ?

Gwladys : Le jour du shooting, elles sont souvent très excitées. C’est un moment très intense pour elles. L’une d’entre elles m’a même confié avoir vécu cette séance avec autant d’intensité que si elle préparait son mariage. Elles peuvent aussi se sentir très stressées. Donc, c’est à ce moment que j’introduis la sophrologie pour dénouer les tensions, les aider à se recentrer. On rit beaucoup aussi. La confiance ne peut s’établir que par la détente.

De mon côté, pour ouvrir l’intuition nécessaire et être en empathie avec la personne que je photographie, je dois faire un travail sur moi-même grâce à la méditation que je pratique quotidiennement. Ce sont vraiment la sophrologie et la méditation qui permettent de tels résultats.

 Catherine : Je confirme, tes photos sont très lumineuses et irradient de joie et de sensualité.

Gwladys : Durant la séance, j’essaye vraiment de capter l’essentiel de la personne, son essence afin qu’elle puisse affirmer son image. L’image que l’on crée ensemble, dans une totale collaboration, doit être en adéquation avec le visage qu’elle veut donner à son entreprise. Ce sont des séances de photos pour leur société, mais pour elles aussi finalement. Donc, cela va bien plus loin finalement que l’image qu’elles veulent donner à leur entreprise. Une fois qu’elles voient les photos, elle se disent « Ah oui, je suis comme ça, je peux être comme ça. C’est exactement la personne que je voudrais être qui se trouve face à moi. Donc je suis ». En réalité, elles se révèlent à elle-même lors de la séance. Et l’objectif est atteint.

Catherine : Dirais-tu que ces photos ont aussi une vertu thérapeutique ?

Gwladys : Oui, absolument

Catherine : Et toi, après une telle séance, comment te sens-tu ?

Gwladys : Je me sens pleine de vie. C’est comme après une séance de sophrologie !

Catherine : As-tu des projets ? Comment comptes-tu développer ton activité ?

Gwladys : J’aimerais étendre mon projet à l’International…parce c’est ce que m’a conseillé mon horoscope annuel !

Et Gwladys, de partir d’un grand éclat de rire communicatif.

 

Site : https://www.gwladyslouisetphotography.com/

Pour avoir un aperçu des sites relookés par Gwladys :

Le luxe d’être soi

Bienvenue

*Gwladys est sophrologue, diplômée de l’Académie de Sophrologie  Caycédienne de Paris (certification d’Etat RNCP) et  spécialisée dans la gestion du stress.  

Pour en savoir plus:  www.sosophro.com

Catherine Jubert