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Irving Penn au Grand Palais, exigence, équilibre et perfection

A l’occasion de centenaire de sa naissance, le Grand Palais, en partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New-York, accueille une grande rétrospective du photographe, couvrant une carrière de 70 ans, du 21 septembre 2017 au 29 janvier 2018.  Elle rassemble plus de de 230 photographies, toutes tirées par l’artiste lui-même, des magazines, quelques dessins et peintures, ainsi que le rideau de théâtre utilisé pour de nombreuses photographies.

Simplicité, rigueur, sens des volumes, de la géométrie et de la lumière, Irving Penn traite tous ses sujets avec les mêmes principes. Portraits de personnalités ou ethnographiques, images de mode, « petits métiers », natures mortes, cigarettes ou débris, il fait preuve dans toutes ses œuvres des mêmes qualités d’observation et de mise en scène qui subliment hommes et objets.

Pablo Picasso at La Californie, Cannes, 1957, Promised Gift of The Irving Penn Foundation to The Metropolitan Museum of Art, New York, © The Irving Penn Foundation

Le parcours, à la fois chronologique et thématique, permet de découvrir la production du photographe dans les années 1930 ainsi que ses travaux plus tardifs des années 1990-2000. Les scènes de rue de ses premiers pas sont rapidement supplantées par le travail de studio qui deviendra son lieu de prédilection. Les portraits de personnalités (écrivains, acteurs, peintres, musiciens…) traversent les époques : Salvador Dali, Spencer Tracy, Igor Stravinsky, Alfred Hitchcock, Pablo Picasso, Jean Cocteau, Marlene Dietrich, Pablo Picasso, Francis Bacon, Colette, Truman Capote… Ses portraits sont dépouillés, sans fioritures, concentrés uniquement sur les modèles. Seuls importe au photographe leur présence physique, leur langage corporel, les expressions du visage et surtout leur regard. Les images réalisées en 1948 à Cuzco au Pérou obéissent aux mêmes règles : peu d’objets, un décor très neutre, une grande attention portée aux sujets photographiés. Entre 1967 et 1971, ses portraits ethnographiques pris au Dahomey, en Nouvelle-Guinée et au Maroc sont tout aussi épurés et élégants. Il procède à ses prises de vue dans une tente conçue par ses soins et qu’il emportait partout dans ses voyages.

Irving Penn? Cuzco Children, Peru, 1948

Autre série de portraits présentés, celle des « petits métiers » réalisée à Paris, avec l’aide de Robert Doisneau dans le rôle de du rabatteur. Datant de 1950 à 1951, la série rassemble aussi bien le boucher que le vendeur de marrons, le pompier, le peintre ou encore le rétameur. Chacun est traité avec dignité. Les tenues de travail et les outils sont mis en valeur.

Large Sleeve (Sunny Harnett), New York, 1951

 

Beaucoup de ses portraits ont été publiés dans Vogue. C’est aussi le cas de ses images de mode, pour lesquelles Alexander Liberman, directeur artistique du magazine, lui donne moyens et libertés. Ses images de Lisa Fonssagrives, ancienne danseuse et mannequin qui devint son épouse, sont sans doute les plus connues. Il élimine les fioritures, les éclairages compliqués, privilégie la lumière naturelle.

Il montre le même sens des volumes et des ombres dans ses natures mortes. Il y invente des histoires et de quelques objets, il fait une scène.

Quel que soit le sujet, les images D’Irving Penn sont construites à la manière d’une calligraphie : la ligne est claire et la représentation est empreinte d’équilibre et de perfection. Luc Debesnoit écrit dans Télérama : « La rétrospective (…) se regarde comme une cérémonie bouddhiste où le chaos du monde prend un sens. » Pour les projets personnels qu’il mène parallèlement à son travail de commande, il s’empare de presque rien, des mégots de cigarettes, des débris et objets de rue. Il photographie la matière, la désintégration, la disparition, transformant les objets en allégorie. Il fait de ces restes des formes de portraits, expliquant que la manière dont la cigarette a été écrasée révèle le caractère, la nervosité, le goût de la personne l’ayant fumée.

Moins connu pour ses nus, Irving Penn transforme le corps des femmes en paysage.

Irving Penn évoque sa relation à l’appareil photo : « J’ai toujours été fasciné par l’appareil photo. Je le reconnais pour l’instrument qu’il est, mi Stradivarius, mi scalpel. » Ses images illustrent son propos, entre justesse et précision, composition acérée et finesse de l’image.  http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/irving-penn

Frenchie To Go, un take-out très frenchy

Quand vente à emporter rime avec qualité !

Au premier regard, le concept des plats à emporter ne convient pas forcément aux principes de la culture gastronomique française. Il est vrai que cela se fait de plus en plus à Paris, mais le take-out n’est presque jamais considéré comme de la haute cuisine : on n’en commande que si son réfrigérateur est vide et que l’on n’a pas le temps de se faire à manger. C’est rapide et commode, mais souvent moins délicieux que la nourriture que l’on prend le temps de déguster sur place.

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Le T’Cup, un afternoon tea entre Harry Potter et Alice au Pays des Merveilles

Allison Yu est une jeune new-yorkaise d’origine chinoise, étudiante en lettres et bloggeuse culinaire qui nous invite dans une langue particulièrement savoureuse à partager ses coups de cœur et ses découvertes parisiennes. Aujourd’hui, le T’Cup, un afternoon tea situé dans le Marais.

En été, il arrive souvent que l’on rechigne à quitter le confort de la maison ou les ombres qui protègent contre le chaud de la saison. C’est le moment de l’année où l’on a peut-être un peu plus de temps libre, mais il est tout de même difficile d’en profiter, car l’intensité du soleil rend toute activité extérieure beaucoup moins agréable. Même les plus courageux, pourtant prêts à braver la chaleur, pourraient avoir besoin d’un repos après avoir passé quelques heures sous un soleil brûlant.

Si on se trouve dans le Marais, dans l’après-midi, et que l’on se sent vidé de toute énergie, rien de tel que de prendre une petite pause gourmande à l’anglaise. Inutile de traverser la Manche pour profiter de cette coutume singulière : le café T’Cup reproduit parfaitement l’ambiance tranquille et la nourriture riche qui caractérisent le fameux afternoon tea. Une tasse de thé, chaud mais paradoxalement rafraîchissant, complète parfaitement les scones et le gâteau, quelle que soit leur saveur. Une carte qui comprend plus d’une vingtaine de thés pourrait être un peu intimidante, mais on ne doit s’imposer aucune pression pour trouver le thé idéal, puisque la magie de ce breuvage fait que toute combinaison est délicieuse.

Les petits sandwichs seront certainement un changement par rapport au jambon-beurre qu’adorent les Parisiens. Un tea time à l’anglaise mélange souvent différentes saveurs qui ne sont pas très communes en France, comme concombre et menthe, saumon et fromage, œufs et cressons. Comme l’on peut l’imaginer, les concombres et les feuilles de menthe forment un mariage léger et goûteux, le vert rappelant les couleurs du printemps. Le saumon est frais et tendre, le goût agrémentant merveilleusement celui du fromage à tartiner. Ce dernier ajoute aussi une onctuosité agréable qui rend le sandwich moins sec. Les œufs, durs et partiellement écrasés, sont mélangés avec de la mayonnaise et des épices pour créer un sandwich riche et savoureux.

Élément incontournable d’un goûter à l’anglaise, les scones restent parmi les aliments britanniques les plus connus. Ils sont friables, avec un bon goût de beurre, et ont tendance à s’émietter dans la bouche, et même dans les mains. Encore plus savoureux avec plus de beurre et plus de confiture.

Enfin, la cerise sur le gâteau est la petite pâtisserie que l’on peut choisir parmi une sélection de desserts anglais. Changeant régulièrement, les gâteaux sont tous onctueux et somptueux, sans être trop sucrés. Ce ne sont pas toujours les desserts les plus raffinés du monde, mais on sent l’amour et le respect qu’éprouvent les pâtissiers pour les gâteaux et pour leur métier en général.

Un goûter qui comprend des éléments sucrés et salés ne se refuse pas, surtout pour les gourmands qui préfèrent avoir un peu plus de variété. En mangeant de tout, on est sûr de profiter à fond de chaque saveur et chaque texture qui touche la langue. Rien de tel que de passer un après-midi avec des amis autour d’un bon repas !

Il faudra compter pour tous ces délices d’outre Manche entre 8 et 20 euros.

T’Cup, 16, rue des Minimes, 75003 Paris

http://www.t-cupparis.com/page

Google Maps :

https://www.google.fr/maps/place/T’Cup/@48.8574759,2.3649209,15z/data=!4m5!3m4!1s0x0:0xf5400c4d450109c0!8m2!3d48.8574759!4d2.3649209

Allison YU

https://lepetitmorse.wordpress.com/about/