XXVIe festival flamenco de Nîmes

Le Ballet de Andalucia de Rafaela Carrasco © Luis Castillo
Le Ballet de Andalucia de Rafaela Carrasco © Luis Castillo

Pour la 26e année consécutive, le festival flamenco de Nîmes ouvre ses portes le 15 janvier. En ouverture et pour deux soirs consécutifs Rafaela Carrasco et son ballet flamenco de Andalucía.

La programmation laisse perplexe. La manifestation revient au format court, les journées ont l’air d’être plus denses, de vraies découvertes en perspective et pourtant pas de vagues d’enthousiasme comme il a pu y en avoir certaines années. De plus en plus, le festival semble être une réplique sismique de la Biennale de Séville ou du festival de Jerez. D’où cette impression de déjà vu. Une première constatation, la salle si chaleureuse de l’Odéon n’ouvrira ses portes que deux fois et Paloma, la salle de la périphérie, monte en puissance. On peut espérer qu’avec le temps, le site s’est embelli, les plantations et la verdure remplaçant le cloaque ambiant. Mais sur ce plateau, rien n’arrête le mistral, souvenir pénible de l’année dernière.

L'affiche du festival, cette année encore, appartient à l'œuvre prolifique du peintre et danseur Vicente Escudero
L’affiche du festival, cette année encore, appartient à l’œuvre prolifique du peintre et danseur Vicente Escudero.

Deuxième constat, à première vue la programmation semble « regular », comme disent nos amis d’outre-Pyrénées. Mais à y regarder de plus près, on peut dénicher quatre pépites, ce qui est une belle proportion pour un festival d’une semaine, quatre spectacles, entre petites nouvelles et figuras estampillées : deux prises de risque et encore relatives dans la mesure où cela se passe à l’Institut Emmanuel d’Alzon, avec le concert acoustique de Gema Caballero, ou à l’Odéon, avec « Bach Flamenco » de et avec Veronica Vallecillo ; une étoile montante du baile flamenco, Patricia Guerrero qui vient de Grenade, à l’instar de Gema, et une figure confirmée, David Lagos en direct de Jerez.

Troisième constat, le cinéma le Sémaphore accentue son partenariat avec le festival par une belle programmation flamenca, dont l’avant-première d’un film de Paco Ortiz, consacré à Miguel Poveda ; ce dernier faisant la clôture de ce 26e festival nîmois.

Miguel Poveda © Maxi del Campo
Miguel Poveda © Maxi del Campo

Quatrième constat, la collaboration entre Nîmes et l’Estremadure se poursuit de manière fructueuse. Cette année, Miguel de Tena représentera sa région. Chanteur puissant, lauréat de nombreux prix dont la fameuse Lámpara Minera du festival de La Unión en 2006, il s’est illustré en chantant a capella, sur les gradins des arènes de Zafra, un fandango en l’honneur de son compatriote Miguel-Angel Perera qui toréait ce jour-là. Dans le cycle traditionnel des conférences, ne pas manquer celle de Raquel Cantero, « Extremeñas y Flamencas ».

Cette 26e édition s’avance mine de rien, en toute discrétion, mais elle peut s’avérer très riche et très prometteuse pour le flamenco. Vamos a ver.

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Renseignements et réservations sur le  site du théâtre